supertramp-head

Publié le 17 octobre 2013 à 15 h 31 min | par Richard

Supertramp Breakfast in america, Bluray pure audio 2.0

Saviez-vous que Breakfast in America est le 3e album le plus vendu en France de tous les temps ? Quoi de mieux au final, pour le premier test Blu Ray pure audio de CultureHD !

Succès interplanétaire, Breakfast in America est un superbe album du célèbre Supertramp, groupe de rock pop progressif seventies pur jus. Les standards comme Logical song, Take the long way home, Goodbye Stranger, réjouissent les oreilles depuis 30 ans sur la bande FM.

Revenons sur ce monument du rock et profitons de son édition sur Blu Ray pure audio, un format qui pourrait malgré tout tirer son épingle du jeu.

Supertramp est formé en 1969 et connaîtra comme tout super groupe des années 60/70 (Led Zeppelin, The Cream, les Beatles, etc) de grosses dissensions et batailles d’égo dès que le succès apparaîtra en 1975.

Au départ, le groupe connaît un début plutôt chaotique avec plusieurs remaniements de musiciens. Puis vient le succès avec l’album Crime of Century en 1975 et Breakfast in America en 1979.

Il en ressortira, Roger Hodgson et Rick Davies parmi les meilleurs song-writers de la planète prodiguant un rock acidulé teinté de jazz et de claviers typiques de l’époque (Fender Rhodes, Wurlitzer, Hammond).

Le groupe connaîtra plusieurs remaniements dans les années 80 avec le départ de Roger Hodgson qui reviendra par la suite en 1997 avec le très bon « Something never change » album de qualité qui connaîtra à nouveau le succès.

Breakfast in America est un album soigneusement écrit et élaboré. Techniquement en avance en 1978, il faut bien avouer qu’il a pris un coup de vieux par rapport aux productions audiophiles actuelles.

Artistiquement, Breakfast raconte une critique sur le way of life américain avec en couverture de l’album, une serveuse prenant la posture d’une statue de la liberté servant un jus d’orange avec en fond, Manhattan, les grattes ciels en forme de condiments. Une Amérique prête à vendre tout et n’importe quoi. L’album connaîtra un succès phénoménal avec 14 millions d’exemplaires.

blu ray supertramp pure audio

Et il dit quoi ce Blu Ray pure audio ??

Condition et matériel de test :

Le but de ce test est de démontrer le niveau d’installation pour profiter du potentiel du format HD en 24 bits 192khz , ainsi que l’évolution par rapport à ces deux ancêtres, le cd audio, le vinyle, et le blu ray HD lui même. Quatre versions de cet album sont passées dans nos mains. (Oui j’ai un faible pour Supertramp )

  • La version 2010 remasters.
  • Le vinyl 33T acheté en 1992.
  • La version flac 16bits 44.1khz téléchargé sur le site officiel du Blu-ray pure audio.
  • Le fameux Blu ray Pure audio 24 bits 192khz.

Le disque a été testé sur le matériel suivant :

Sources :

  • HTPC drive Asus BD, carte son Asus Essence ST+module H6.
  • Lecteur Blu Ray Samsung Bd7500.
  • Lecteur Blu ray Sony BDP s1100/4100 sortie HDMI et coaxial.
  • Platine vinyle AudioLinear bras SME 3009 cellule Ortofon Om5.
  • Etage phono Atoll P200.
  • Convertisseur T+A DAC8 et Atoll DAC100, Sony DASr1.

Partie home cinéma

salle-de-test-HC CultureHD

  • Yamaha Rxv 3800 avec et sans YPAO en pre-out sur deux filtres actifs Behringer DCX2496, avec quatre amplificateurs Onkyo 9755 et un Cambridge audio dans une pièce traitée.
  • Enceintes home cinéma haut rendement active (Beyma 38 cm et tweeter Beyma CP21, chambre de compression 3 pouces RCF et pavillon bois massif, profil de type T.A.D).
  • Casque AKG k701.

Partie Hi fi + Home cinéma.

ancien systéme-cm9

  • Yamaha RX-A2020 avec et sans YPAO + Atoll in 200 sur les voies principales.
  • Amplificateur casque Matrix M Stage. casque Akg k701
  • Enceintes B&W Cm9, voies arrières Davis Acoustics Harvest.

pochette-arriére

Version CD remasterisée 2002, version FLAC 16bits 44.1khz Highpureaudio.com

Le cd audio de 2002 remastering :

remaster 2010

Les « remasters » sont souvent un massacre et la version de 2001 confirme tout le mal que je pense des « remastering » sauf exception bien sûr.

La compression est passée par là et le poussage de manette aussi avec un niveau plus élevé.

Résultat, des aigus tranchants, un manque de profondeur évident avec une projection en avant de la scène sonore. Si vous trouvez la version de 1983 de chez A&M Records pressage UK original, foncez !

La compression fait ressortir les détails au détriment d’une dynamique que je trouve totalement factice. La pochette de cette version de luxe remaster 2010 et la sérigraphie sur le disque est la même que la version Blu Ray.

Version flac téléchargée sur le site Highpureaudio.com :

pure audio logo

La version Blu ray pure audio permet avec un code fourni dans le package, de télécharger une version 16bits 44.1khz en flac. Et c’est là, la surprise du chef.

Cette version FLAC s’avère supérieure à la version CD remaster.

Certes, ce n’est pas une énorme avancée, mais la supériorité est bien là, due sans aucun doute à la lecture Bit perfect avec Foobar en Asio ou Wasapi sur ordinateur et sur clé USB connectée à nos lecteurs Blu Ray.

Les défauts de l’enregistrement d’époque aussi sont bien là.

Mais comme on est vicieux chez CultureHD.com on a « rippé » avec le logiciel EAC (Exact Audio Copy) la version le CD remaster de 2010 pour comparer sur clé USB les deux fichiers : Le rippe de 2010 et le Flac téléchargé.

Oh surprise ! la version Flac est à priori tirée de la version remaster. Les similitudes sont grandes une fois lue sur ordinateur et sur les lecteurs Blu Ray via leurs connecteurs USB.

Version vinyle 33T acheté en 1992.

La version vinyle 1979 :

le-vinyl-de-1979

Elle écrase le CD remaster 2010 façon presse purée, la musique est vivante et lisible dans le bas médium, disparue de la galette de 12 cm en polycarbonate.

L’aigu par-contre, fait ce qu’il peut sur ce vieux vinyle usé, procuré d’occasion en 1992 et marque quelques joyeusetés étranges malgré la cellule Ortofon quasi neuve à peine rodée.

Le CD projette dans l’aigu, le vinyle dans le médium. Choisissez votre camp ! Je préfère le 33T qui respecte un peu plus le mixage de départ que le remaster.

La version FLAC en lecture bit-perfect arrange les angles mais le vinyle, plus musical et romantique me séduit bien plus, à défaut d’être d’une totale fidélité rigoureuse. Ce qui j’en conviens est totalement contradictoire.

Ne me prêtez pas des intentions passéistes pour autant. Certains vinyles étant moins bons que leurs versions CD. Seul le résultat compte. Je dirais que la version FLAC est un bon compromis au final pour peu qu’elle soit lu en Bit-perfect, Asio/Wasapi.

Version bluray pure audio 24 bits 192khz

pochette-intérieur-breakfast

La version CD remastérisée de 2010 se fait rétamer par cette version haute définition en Blu ray audio.

La partie grave est particulièrement éloquente, mais quand on possède des boomers de 38 cm Beyma sur des enceintes de 98DB de rendement, cela est visible tout de suite. Oui mais … Parce qu’il y a toujours un mais, sinon ça ne serait pas drôle…

Ces énormes différences se remarquent fondamentalement sur deux systèmes et non pas sur l’ensemble des diverses chaines Hi-Fi de la rédaction. C’est bien là le problème.

Système 1 Home Cinéma dans pièce traitée de 35m²

  • Blu ray Samsung Bd7500, Yamaha RXV3800 Behringer DCX24/96 x2.
  • Quatres amplis Onkyo et un Cambridge Audio.
  • Enceinte Pro à pavillon haut rendement 98DB en actif.

L’envie s’est faite sentir, d’écouter sur un système irréprochable dont je connais parfaitement les réglages et l’acoustique qui, de surcroît est traitée aux petits oignons par votre serviteur.

Chaque enceinte étant mesurée et corrigée par égalisation paramétrique et filtrée par des Behringer DCX 24/96 et un Yamaha RXV3800 avec son fameux YPAO. Le tout alimenté par un lecteur Blu ray Samsung BD 7500 en Hdmi sur l’amplificateur Yamaha en 24/192khz.

Malgré une étape de conversion AN/NA, ce système s’avère un juge impartial de par le traitement et correction acoustique employés, les mesures au micro, les enceintes utilisées, actives avec des hauts parleurs professionnels pour un résultat à 98 db en moyenne avec une capacité d’analyse hors norme de 40hz jusqu’à 20khz.

Le Blu-ray dans ces conditions quasiment de studio révèle tout son potentiel. C’est une déferlante d’infos. Les instrumentistes jouent là, devant moi.

Je me surprends même à découvrir des lignes de piano dont je soupçonnais à peine l’existence. La musique est là avec un grand M. L’impression de bande master est enivrante.

Néanmoins, des défauts persistent avec une légère sécheresse dans le médium aigu. Mais le résultat est éloquent de véracité sur d’autres critères, le suivi des instruments, la différenciation entre chaque registre.

Malgré tout, cette sécheresse dans le haut médium aigu me déplaît de par le fait que l’on attend un peu plus d’un Blu Ray en 24bits 192khz. Pourtant ce système d’habitude ne montre pas de problème particulier dans ce registre.

Je suspecte de plus en plus ce Blu Ray d’avoir des similitudes avec la version remaster de 2010 venant peut être du même master remixé.

Système 2 – Hi-Fi et Home cinéma.

Voilà une écoute encore plus traumatisante. Ce système hybride Hi-fi avec l’ampli Atoll In200, DAC 100 et amplificateur Yamaha RXV 2020, lecteur Sony BDP s4100 est une configuration plus traditionnelle des amateurs de son et de Home Cinéma haut de gamme.

Les B&W Cm9 et leurs excellents médiums participent à une écoute foisonnante de détails mais le médium aigu est quasiment insupportable à la limite de l’agressivité.

Nous sommes assiégés par le flot d’informations sorties des enceintes et la pièce d’écoute est saturée.

Le système étant plutôt clair et nerveux dans ce registre, il n’en a pas fallu beaucoup pour arrêter la musique. Il paraît évident que ce Blu Ray qui a de grandes qualités cependant a subi une montée du signal comme le remaster de 2010. Sur un système dans une pièce d’écoute non traitée lambda c’est édifiant.

Cela n’empêche, il est supérieur à la version CD mais demande un système d’écoute particulièrement bien mis au point dans une salle d’écoute de qualité. Ce que pratiquement personnes ne possède.

blu ray supertramp pure audio

Conclusions

L’album Breakfast in America fut une réussite et un phénomène de société en son temps. Les fées du Blu ray pure audio se sont penchées dessus et ont donné un sacré coup de baguette magique sur un enregistrement vieillissant.

Cependant plusieurs remarques sont à conclure de ce test :

Une acoustique décente voir optimisée ne pourra que bénéficier aux formats haute définition. Au même titre que l’on conduit une voiture de sport sur circuit, il paraît impensable de mettre une chaîne Hi Fi capable de lire la HD avec efficacité, dans une salle de séjour remplie de baies vitrées avec un carrelage au sol. Autant repasser au CD voir à la version streaming sur Deezer/Spotify.

Il paraît évident que l’information sollicitée par cette technique 24/32 bits native demandera plus d’exigence encore sur le matériel, le mastering et l’acoustique du lieux d’écoute. Plus d’information et de dynamique exigeront une acoustique au dessus de tout soupçon. Vaste débat en perspective.

C’est un sacré dilemme. Les défauts d’un système ou d’un lieu d’écoute sont exacerbés sur des formats encore plus exigeants, ça parait logique. Plus que jamais les petits labels de qualité feront la différence comme les suédois de chez 2L par exemple.

Autre point quelque peu énervant concerne ce Blu Ray. Il est difficile de savoir de quel master vient cette édition 24/192Khz. Une mention « direct from the original master » aurait rassuré l’auditeur qui à payé 20 euros cette réédition.

Le fameux site « Dr Loudness war » confirmerait mes doutes sur le sujet. Le Blu Ray semblerait avoir pris un petit coup de compression ou de remontée de niveau derrière les oreilles et au final les versions CD de 1983/1986 semblent être les plus respectueuses du master original.

http://www.dr.loudness-war.info/index.php?search_artist=&search_album=breakfast+in+america

Dernier point et pas des moindres. La volonté « technico-marketing » d’avoir limité les sorties SPDIF RCA des lecteurs Blu Ray en 16bits 48khz est incompréhensible. Les sorties SPDIF RCA sont tout à fait capables de transférer du 24bits en 96khz voir du 192khz.

Vouloir tout passer par la HDMI est une incompréhension majeure du marché auquel il s’adresse.

Sachant que la grande partie des systèmes Hi-Fi de qualité capables de décoder de la HD sont en stéréo sur entrée USB ou SPDIF, quelle mouche a piqué Universal ?

Ils sont tout simplement passés à côté de leurs marchés cibles. Ni plus ni moins.

Voilà une autoroute pour les sites de ventes de fichiers HD sur la toile. Reste que l’amateur de film possédant un Home Cinéma 5.1 de haute volée, lui, bénéficiera des qualités de ce support dans une pièce d’écoute en adéquation. Ça ne fait pas grand monde, vous en conviendrez.

D’après les forums traitant du sujet voilà comment se situeraient à peu prés les innombrables versions de Breakfast in America. De la meilleure à la moins bonne. Ceci est à titre indicatif bien-sûr, ne possédant pas toutes les versions.

  • Vinyle Japan pressage Toshiba A&M records, pochette original. Vinyle UK premier pressage pochette original A&M records.
  • Blu Ray pure audio universal Music/Vinyle édition USA/UK et europe.
  • Version CD1983 A&M records. Version MFSL 1990.(Mobil Fidelity Sound lab).
  • Version remaster 2010 et SHM CD.

Pour :

  • Un format HD lisible sur n’importe quelle platine Blu ray avec sorties analogiques.
  • Disponibilité dans les Fnac et Internet facilement.
  • Téléchargement des Flacs et mp3 sur site dédié.
  • Boitier BD sympathique.
  • Le génie de Supertramp.

Contre :

  • Limitation au 16 bits 48khz sur SPDIF RCA incompréhensible.
  • Est-ce vraiment le master original de 1979 ?
  • Un support dédié aux amplis Home cinéma et moins aux audiophiles.
  • La version vinyle n’a pas dit son dernier mot.

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