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Publié le 9 août 2013 à 16 h 51 min | par Richard

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Steve Lukather album Transition

Steve Lukather : après plus de 35 ans de carrière nous livre son 9ème album solo. Guitariste leader du groupe TOTO depuis ses origines en 1978, Steve Lukather a collaboré et enchaîné les succès avec les plus grands.

De Michael Jackson ( les guitares de Thriller !) en passant par Quincy Jones, Al Jarreau, Aerosmith, Paul MC Cartney et une pléiade d’artistes internationaux, Lukather a joué sur un nombre d’album incalculable, côtoyant les meilleurs musiciens de la planète.

Après une vie bien remplie et un don inné pour la guitare électrique que propose cette légende du rock en 2013 ?

Comment ça c’est qui ?

Steve Lukather… Voilà un homme inconnu pour une partie du grand public et pourtant … Les apprentis guitaristes ont saigné de leurs dix doigts pour ne serait ce qu’ imiter l’espace d’un instant, ce jeu tout en rapidité, puissant et mélodieux, issu du rock américain.

Pilier du « géantissime » groupe TOTO dont les standards resteront à jamais en lettres de feu gravés dans le panthéon de l’histoire du rock. Qui n’a jamais entendu un Africa, Rosanna ou la B.O du cultissime kitsh film Dune de David Lynch ?

Miroir et frère de musique du pianiste compositeur David Paich, Steve Lukather a traversé 40 ans de musique sans faiblir, scotchant son public de solos improbables venus d’une autre planète. Qui n’a jamais entendu l’entité Toto en concert ne peut qu’ aborder une seule facette du légendaire groupe.

TOTO FIRST ALBUM

1978, Steve Lukather trouve sa place au sein du Toto band, lui rocker chevelu, qui « tuerait » pour jouer avec les plus grands guitar-hero des années 70 dans un groupe de rock teinté de jazz influencé par Steely Dan, sous la coupe du mentor David Paich pote de lycée, fils naturel de Marty Paich, compositeur de jazz, chef d’orchestre, arrangeur en big band de génie.

Pourtant le trop diffusé « Hold the line » sur le premier album « TOTO » montre déjà les influences et les goûts du jeune homme pour la six cordes et les solos assassins dont il est capable . Toto suit sa mutation génétique sur l’album Hydra avec un son plus personnel dont il sortira le titre All us boys indiquant la voie que prendra le groupe bien plus tard.

Turn Back 3éme album aborde un virage à 180 degrés et plus rock. Ce fut un vrai bide. Mais Lukather s’affirme de plus en plus jusqu’à signer son premier morceau. Puis vient Toto IV, album de tous les superlatifs avec les plus grands succès du groupe.

toto-iv

Par la suite l’album Isolation, musicalement marquera l’apogée du groupe mais sera moins aimé du grand public mais approprié par les fans. 1989 marque une étape charnière pour Steve Lukather produisant son premier album.

lukather album

TOTO continuera en dents de scie jusqu’à la disparition de son batteur en 1992, Jeff Porcaro au groove shuffle inimitable. Kingdom of desire 9éme album, entame la mutation finale et Steve Lukather prend les rennes du groupe.

Le son devient électrique à la limite du hard rock avec des instrumentaux caressant du côté du rock fusion le plus ardu. Les fans seront désorientés, le public a depuis longtemps fuit les bacs des disquaires.

Pourtant l’album est plutôt de qualité. Toto persistera pour finir sur le fameux falling to between, très bon album avec Simon Phillips à la batterie, musicien surdoué de la baguette et de la double pédales.

Toto-Falling_In_Between

Toto enchaînera les tournées pour le plus grand bonheur des fans pour finalement se dissoudre dans une tournée d’adieu internationale en 2013. Lukather à partir de 1989 ne cessera de faire des albums solo en créant même Los lobotomys, groupe moins connu.

Après 8 disques solo, 900 collaborations, de Michael Jackson jusqu’à Michel Berger ou Aerosmith, Steve nous livre un de ses albums les plus intimistes et personnels après une carrière de guitariste que l’on peut qualifier d’incroyable et de pléthorique.

Transition l'album, constat d'une vie bien rempli.

Alors il dit quoi cet album ?

  1. Le premier morceau « Judgment day » est plutôt en demie teinte. Ce n’est pas le pire morceau mais pas le plus parlant non plus.
  2. « Creep motel » est plus jouissif et démontre tout le talent d’un Lukather maîtrisant parfaitement sa guitare.
  3. « Once again » est typiquement dans la tradition américaine, le morceau teinté de mélancolie lorgnant sur la easy country. Sympa sans être révolutionnaire.
  4. « Right the wrong » est un poil plus travaillé mais reste du même tonneau avec une orientation pop rock fm mélodique eighties.
  5. « Transition » vient chercher sur le jazz rock fusion joué au sein du Toto band des années 2000, quasiment instrumentale.
  6. « Last man standing » suit dans la lignée mais un peu convenu peut être. Sympa malgré tout.
  7. « Do i stand alone » Moins mou que le reste est un pur produit du rock fin 80 début 90 sympathique sans montrer trop d’originalité.
  8. « Rest of the world » révèle un jeu de guitare plutôt subtil et un rock jazz bien léché aux teintes chaudes, aux forts accents de Jimmy Hendricks et de Stevie Ray Vaughan.
  9. « Smile » instrumental qui en effet donne le sourire, reprise du légendaire titre de Charlie Chaplin dans les temps modernes montrant que le maître en a encore sous le chapeau et surtout sous les doigts. Le meilleur morceau de l’album.

L’album sur Sound cloud (extraits). Le dernier morceau, Darkness in my world et issu de l’album précédent.

Conclusions

Steve Lukather nous donne un album très personnel sur sa vie plus en retenue du côté de la guitare, montrant que tout n’est pas rose même quand on a côtoyé les plus grands et que l’on devient une légende du rock soit-même.

Les fans cherchant la performance musicale s’en détourneront, d’autres le trouveront touchant, d’autres le détesteront pas sa simplicité et le côté convenu. Pour autant, tout n’est pas à jeter et Smile par exemple est un instrumental touchant et plein de vérité.

Reste Creep motel plus en phase avec le Steve Lukather de la grande époque. Les autres morceaux étant en demi teinte. Pour apprécier la carrière solo de Lukather il reste l’excellent album « Lukather » de 1989 et aussi Luke de 1997.

Et bien sur les albums d’anthologie du groupe TOTO que sont Toto IV(1982), Isolation(1985) et le plus récent Falling in between de 2006 à écouter sans modération.

Mention spéciale pour le concert en Blu Ray, Falling in Between live, de quoi lézarder les murs de votre home cinéma.

http://www.amazon.fr/dp/B005G1XVGS

Steve Lukather album Transition Richard
Qualité du son globale
Qualité instrumental et vocal artistique
Qualité du package

Summary:

3.8


Pour :

  • Découvrir une légende de la guitare électrique.
  • La reprise de Smile sous un nouveau jour.
  • Ya pas que Justin Bieber et Rihanna dans la vie, écoute donc autre chose le jeune !

Contre :

  • Le fan que je suis est un peu déçu.
  • Morceaux bien produits mais manquant de nervosité.
  • loin du rock des origines de Toto et des albums solo des années 90.


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