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Publié le 22 octobre 2013 à 17 h 10 min | par Richard

Rodrigo y Gabriela Live in Japan

roberto y gabriela japan

Voilà un groupe qui fascine à plus d’un titre. Plus qu’un groupe plus qu’un duo. Comment ne pas être séduit par ce jeu de guitare sèche impeccable d’un Rodrigo Sanchez maîtrisant parfaitement la six cordes jouant de mélodie comme sur une guitare électrique passant de Metalica à Stairway to Heaven ?

Comment encore moins résister à Gabriela assainissant des rythmiques sorties tout droit d’un autre univers avec une grâce et un charme latins ne pouvant laisser indifférent ?

Voilà Rodrigo y Gabriela en live in Japan, la révélation « guitaristique » de ces dix dernières années après les Gypsy-King et leur excellent album mosaïque de 1989 surfant sur la génération précédente des monstres sacrés Al Di Meola et Paco Di Lucia.

Rodrigo et Gabriela détonnent dans un monde musical aseptisé avec ses codes finalement plutôt conservateurs. Jouer de la guitare sèche comme on jouerait dans un groupe de trash métal est on ne plus original. Que l’on aime ou que l’on déteste ce néo style contemporain, cette réadaptation acoustique d’un genre éculé venu des années 70 né avec Deep-Purple et son trop connu « smoke on the water », ravive l’oreille par des rythmiques inimaginables dotées d’une palette de jeu presque sans fin des deux acolytes.

D’origine mexicaine Rodrigo y Gabriela sont tous deux, d’anciens « grateux » de métal fusionné, fin vingtième siècle, déjà connus sur la scène mexicaine avec le groupe Tierra Acida.

Las de jouer sur les mêmes scènes latines les deux compères vont s’exiler en Europe et plus particulièrement à Dublin où ils perfectionneront leur connaissances musicales occidentales, berceau de leurs idoles et autres légendes du hall-of-fame rock et hard rock.

Il en suivra une mutation génétique en 2006, le duo raccrochant définitivement la six cordes électriques pour la guitare de papa en bois, fabriqué dans la Catalogne originelle.

Le succès fut instantané avec trois tournées mondiales à la clé et même un petit show devant Obama et le président mexicain. Le jeu de Gab et Rob pourrait se traduire par une fusion, véritable patchwork de multiples influences.

On sent l’école traditionnelle de la guitare classique espagnole mais transfigurée par de longues écoutes de Paco Di Lucia et des groupes de rock des « seventies » « eighties ».

En voilà deux qui ont dû s’appliquer de longues heures devant les riffs des guitar-heros de leurs jeunesses.

Live in japan, concrétisation d'un succès interplanétaire.

Mais comment font il ?

Si l’on joue un peu de la guitare, on ne peut qu’être fasciné devant les rythmiques de Gabriela soutenant la cadence au métronome avec Rodrigo Sanchez en décalage, les deux artistes en compétition fusionnelle permanente comme un couple qui prend plaisir à s’acharner l’un sur l’autre mais qui ne pourrait vivre séparément.

Live in Japan détient quelques perles devant un public japonais en transe, criant d’extase devant les classiques du rock revisités à la guitare sèche.

Les solo de Gabriela sont à part dans la planète musique avec à chaque concert un déferlement rythmique somptueux de malice et d »ingéniosité et la plage 10 mettra le feu dans vos enceintes. Quand au solo de Rodrigo, je vous laisse le découvrir par vous-même … « géantissime » !

On a droit aussi à des standards comme Take five éclairé d’une palette tonale étonnante.

Rodrigo compose aussi des mélodies, et les morceaux plus latins comme Tamacun ou Diablo Rojo sont de vraies perles.

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Evidemment, la palme du meilleur morceau en revient au « cultissime » Orion, instrumental de Metallica ici revisité avec bonheur.

Mention spéciale aussi pour le titre 12, un Stairway to Heaven version instrumentale qui laisse pantois respectant d’autant plus l’essence originale du titre, avec une rythmique sensationnelle allant de surprise en surprise tout au long du morceau.

Qualité de l'enregistrement.

L’enregistrement pour un concert est de bonne qualité même si on aurait préféré un peu plus de rigueur dans la prise de son.

Les guitares sont cantonnées à la gauche et droite avec un manque de perception du lieu d’enregistrement et une simplification des harmoniques des cordes parfois.

D’autant plus, devant le nombre de notes jouées, on aurait préféré un meilleur traitement des nuances qui pourront passer à la trappe sur des systèmes de reproduction de qualité moyenne.

En cela, ce disque est un excellent moyen de savoir si votre chaîne Hi-fi est capable de sortir ce phrasé mélodique énergique tout en restant cohérent et musical sans passer à la trappe certaines subtilités.

Les graves sont quelques peu mis en avant et démonstratif ce qui est légèrement dommageable pour la cohérence de l’ensemble mais correspond au style joué.

Une prise de son professionnelle correcte et dynamique mais manquant de finition. Dommage, vu le talent immense des deux protagonistes qui mériteraient bien mieux.

Conclusions

Si vous êtes un fan de Al di Meola et John Mc Laughlin, que vous ne jurerez que par l’immense Paco Di Lucia, et que Friday night in San Francisco tourne sur votre platine disque en boucle, cet album est tout simplement indispensable dans votre médiathèque.

Pour :

  • Une éclairage nouveau sur le rock.
  • Un public déchaîné.
  • Un Stairway to Heaven d’anthologie.
  • Un disque test pour juger la définition de son système Hi-Fi.

Contre :

  • Une prise de son intéressante mais ne rendant pas totalement justice aux interprètes.

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