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Publié le 13 mai 2015 à 17 h 56 min | par Richard

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Les albums du moment, Mai 2015.

Un mois riche en sorties musicales avec notamment une symphonie de haute qualité à tous points de vue, la confirmation d’une jolie blonde aux yeux bleus, un monument de la musique française, le retour d’un dieu vivant de la Fender Stratocaster et quelques semi déceptions de vieux « requins ricains »…

Découvertes et critiques musicales du mois de Mai 2015.

Eric Clapton album compilation : Forever Man.

Foreverman la compilation de Clapton à posséder.

Si vous ne savez pas quoi offrir pour la fête des pères ou des mères, il se pourrait bien que cette compile du maître de la guitare électrique soit du plus bel effet.

3 CD ou vinyles recouvrant l’énorme carrière prolifique d’Eric Clapton et révélateurs des différents styles abordés sur plus de 50 ans.

Rien ne manque ou presque sur plus de 51 plages musicales de « Tears in Heaven » au tube interplanétaire « Change the World » et le superbe « Key to the Highway  » avec le légendaire BB King. Si vous avez habité sur une autre planète pendant ces 50 dernières années, à posséder absolument.

Les autres moins jeunes ressortiront leurs vinyles originaux des Yadbirds, des BluesBreakers, de Cream, Derek and Co… Et le CD Unplugged…

Attention, le titre de cette compilation n’a rien à voir avec le CD de 2 titres japonais de 1985/87.

Qualité d’enregistrement variable selon les époques mais résultat plus homogène que d’habitude et peut être la meilleure compilation de monsieur »SlowHand ». Seule déception, une version concert de Cocaïne et de White Room un peu en retrait en terme de qualité d’enregistrement mais interprétation énergique.

A écouter « on the road », cheveux aux vents. Clapton forever !

Selah Sue album : Reason

ep selah sue reason magnifique album

La petite blonde talentueuse est quelque peu énervante pour ses congénères. Jolie, inspirée et transformant l’essai Raggamuffin pour un second album Reason bien mieux enregistré et qui flirte avec la musique plus électronique.

Des compositions sans failles qui ne s’écroulent pas à la seconde écoute abordant différentes voies sans oublier un style de voix justement marquant de son empreinte la soul indéfectible dont Selah Sue est profondément imprégnée.

Qualité d’enregistrement actuelle surproduit et manquant de naturel mais très efficace sur une chaîne de qualité moyenne ou en voiture. Les audiophiles renâcleront un peu mais se laisseront de toute façon séduire par le talent de cette chanteuse rythmique atypique surdouée.

On regrette amèrement par contre que seule la version studio de « I want go for more » soit sur l’album, la version acoustique sur la version « EP 4 titres live » est juste superbe de conviction.

Selah Sue se rattrape avec une version de Reason acoustique de très bonne facture.

Second album bien supérieur au premier techniquement et musicalement. Une réussite.

Snoop Dogg : album Bush

Snoop dogg Bush

Snoop Dogg, un des piliers américains incontournable du « Gangsta » revient avec un album funky produit par « je positive » Pharell Williams pour un résultat terriblement efficace, millimétré et franchement jouissif.

Du gros cool funk suave planant et érotique, le lion Snoop n’a rien perdu de son style, de ce groove décadent, torride, lubrique, absolument délicieux. Attention aux oreilles chastes, la couleur misogyne « gangsta » est ici clairement revendiquée dans les textes. Les amateurs de house club, de fêtes de plage interminables du soleil couchant au levant ont trouvé leur album pour cet été.

Enregistrement typiquement dans le style, grave gras et percutant. Médium aigu sucré à souhait. Vous êtes prévenus. Grosses gamelles JBL et caissons de grave de 38, obligatoires.

Un des meilleurs albums de Snoop Dogg depuis longtemps.

Charles Aznavour album : Encores.

Charles Aznavour, compositeur infatigable et perfectionniste a écrit pour les plus grands et les plus grands standards de la chanson française.

On aurait pu craindre l’album de trop. Celui qui vous classe définitivement dans l’abîme des gloires passées.

Charles Aznavour s’en amuserait presque et le morceau « Avec un brin de nostalgie » est une leçon d’écriture, une claque pour ceux qui croyaient que l’artiste avait raccroché définitivement la plume.

Les morceaux s’enchaînent avec une réelle maestria. Ce n’est plus la voix des années 60 et la justesse est parfois un peu en retrait mais le compositeur de génie a encore sous le capot cette implacable conviction qui forge les plus grands. Mention spéciale pour le pianiste absolument sublime.

Que dire du reste de l’orchestre, des envolées de l’accordéon mélodiques et subtiles et du rythme sans faille sans rentrer dans la caricature jazzy mélancolique déplacée.

12 morceaux et aucun à jeter à plus de 90 ans… Que voulez vous que je vous dise de plus…. Que l’on soit admirateur inconditionnel ou détracteur, Aznavour ne peut laisser indifférent.

Un enregistrement de qualité très correct parfois un peu réverbérant sur la voix et respectueux de l’orchestre avec une mise en avant de la voix du « french crooner » mais sans artifice et honnête.

Encores, un peu, beaucoup, passionnément !

Bruckner : Symphonies n° 6 et 7 par le RCO.

bruckner 6 et 7e symphonie

Le Royal Concertgebouw Orchestra a cela d’extraordinaire qu’il transforme presque à chaque enregistrement les compositions les plus complexes touchant au sublime.

La fusion avec le grand chef d’orchestre Mariss Jansons élève de Mravinsky fait encore mouche et l’osmose construite sur dix ans de collaboration a couché sur le digital la meilleure version moderne de la septième de Bruckner.

Les prises de positions délibérées des anciens chefs de renoms allemands et autrichiens sont ici laissés de côté pour une subtilité à fleur de peau magique et déconcertante de beauté éclairée d’un jour nouveau.

La 6e symphonie moins appréciée prend ici un virage intéressant rendant plus justice à cette oeuvre courte mais de valeur.

La 7e est un morceau de bravoure à elle toute seule. Les violons sont d’une justesse, d’une véracité rarement atteinte avec une qualité d’enregistrement digne du RCO, donc de haute qualité.

Le nirvana n’est pas loin sur un casque Audeze ou une bonne vieille paire d’enceintes Magnepan.

A grand regret, pour des raisons de santé, la fructueuse collaboration avec Mariss Jansons s’arrête en cette année 2015. On en est presque frustré tant la fusion entre le chef d’orchestre a puisé dans le RCO, une élégance surnaturelle et des interprétations de très haut niveau.

A posséder absolument, en plus des versions antérieures, Jochum, Furtwangler entre autres.

Ne pas l’avoir serait impardonnable.

Toto album : XIV

Toto - XIV

Dire que je suis fan de Toto est en dessous de la vérité. Je vais voir le groupe en concert à chaque fois qu’il touche d’un millimètre le sol français.

Il m’est donc difficile de parler de cet album avec une totale impartialité. De retour sur scène pour une tournée mondiale voici le baroud d’honneur d’un des plus grands groupes de rock FM du hall-of-fame.

On espère tellement un retour du roi de l’époque 70/80 que le virage pris depuis les années 90 peut parfois choquer les fans des premières heures.

Toto est comme tous les groupes des époques 70/80, victimes de ses rebondissements, de ses changements de musiciens.

C’est aussi 35 ans de tubes incontournables et un groupe surdoué capable de tout aborder sans faillir.

Plutôt fan de la première époque jusqu’à Toto IV, j’ai du mal à aborder le retour de Joseph Williams en tant que chanteur officiel aujourd’hui après the Seventh One en 1988 et Farenheith en 1986.

D’autant que je regrette amèrement le départ du batteur Simon Phillips pour Keith Carlock très bon mais moins en puissance que son prédécesseur.

Le résultat sans être en demi teinte, cet opus 14 a du mal à me convaincre, même si l’efficacité redoutable est toujours là et bien là. Les accords puissants de Lukather sont toujours là, le flegme soul jazz pianistique de Paich aussi avec au retour des manettes, « Magic professor » Steve Porcaro.

Pourtant le morceau Chinatown m’enchante avec un retour aux sources Paich/Porcaro évident dans l’écriture, proche de la période Hydra.

Great Expectation est un bon exemple du Toto après 2000, excellent.

Un album calibré, élaboré mais manquant un peu d’audace à mon goût. De belles pépites malgré tout…

La qualité de l’enregistrement gonflée aux hormones est par contre laborieuse. Je préférais de loin l’époque CBS à celle d’aujourd’hui. La version originale CBS vinyle de Hydra et la version japonaise 33T de Toto IV restent les meilleures prises de son en regard de leurs époques respectives.

Pour les CD, The Seventh one pressage américain CBS avant le rachat par Sony reste le meilleur de l’époque Williams.

Oui, j’ai tous les albums, en vinyles, en CD, même Toto IV en SACD…

Conclusions

Pour :

Contre :


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4 Responses to Les albums du moment, Mai 2015.

  1. NICOLI STEPHANE says:

    Reason, une réussite !?! M’enfin !
    Avec une DR a 4, cet album est inécoutable avec un système digne de ce nom… c’est juste de la musique pour téléphone voir un autoradio dans la bagnole ! Catastrophique album…. Il y a des ingénieurs du son qui ferait mieux de changer de crèmerie…
    Stéphane

    • Richard says:

      Bjr Stéphane…

      J’en parle dans l’article. Je parle d’une réussite artistique. Le premier album au niveau technique est encore pire… Malheureusement c’est le lot actuel de nombreux albums… Muse, la variété française… Etc, etc

      • NICOLI STEPHANE says:

        De pire en pire cette DR, seul le Jazz et le Classique résistent encore…
        Maintenant, n’étant pas un grand fan de Selah, je n’ai pas réussi a atteindre la qualité artistique dont tu parles !

        • Richard says:

          La compression est un fléau et le MP3 n’arrange rien à l’affaire. Contrairement au monde du cinéma pro numérique il n’y a plus de normes récentes concernant la prise de son. D’autant plus qu’avec les « home studios », les productions sont de plus en plus artisanales. Il serait temps de remédier à ce problème.

Les commentaires sont fermés

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