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Publié le 5 février 2015 à 19 h 50 min | par Richard

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Les albums du moment Fevrier 2015.

Liste du mois de Janvier, Février, des découvertes musicales du moment. Parce que la Hifi c’est aussi de la musique et avant tout de la musique. Déposons les câbles, le décibel-mètre et place aux artistes. Quelques curiosités, une belge confirmant son talent, du Bach version Luth et un petit gars de Singapour/Chicago qui a mangé du James Brown pendant toute son adolescence.

Découvertes musicales de Février 2015.

Shun Ng, album "Funky thumb Stuff" 2012.

shun Ng funky_thumb_stuff

Il y a parfois des talents qui échappent totalement à la scène médiatique française. Shun Ng demi dieu de la guitare sèche étonne par une dextérité hors du commun mettant le feu à sa six cordes mise à mal quasiment jouée comme une basse fretless.

Imaginez Prince et James Brown ayant fusionné dans un artiste de Chicago d’origine asiatique habillé comme le chanteur d’INXS avec la voix de Michael Jackson. Shun NG est juste un bonheur à écouter démontrant que l’on peut encore faire un album avec un seul instrument et sa propre voix.

« Christabel » est une petite tuerie mélodique d’un funk nerveux, d’une efficacité redoutable. « Funky Thumb Stuff » dans la lignée, est une démonstration à lui tout seul.

Quelques morceaux qui tournent un peu autour du pot mais une des révélations de 2012 notamment appuyée par un certain Quincy Jones au parcours exemplaire que l’on ne cite même plus.

On attends le prochain album avec impatience.

Selah Sue Alone EP (album Reason bientôt disponible)

ep selah sue reason magnifique album

Pour l’instant, au stade de EP qui confirmera certainement l’arrivée de l’album Reason pour 2015, voici Selah Sue au meilleur de son écriture musicale avec un léger virage électronique.

Véritable raz de marée en 2010/2011, la petite belge de Louvain démontre un indéniable talent soul avec une voix très caractéristique aux mimiques jamaïcaines redoutable d’efficacité.

Le fameux Raggamuffin a dépassé le cadre de simple tube pour devenir un récurrent des stations de radio. Alone poursuit sur la lancée avec une production plus maîtrisée. Il faut se l’avouer, le premier album en terme de qualité d’enregistrement était plus que laborieux.

Alone remet les pendules à l’heure, rendant justice au talent de l’artiste aux yeux bleus perçants. Ce troublant regard démontre une force, une volonté qui font les grands artistes. L’écriture d’ Alone est impeccable avec des instruments au millimètre, déjà caractéristique du premier opus.

« Won’t go for more » est purement jouissif, Together et Alone sont de redoutables tubes en puissance. On attend l’album « Reason » pour juger sur pièce avec impatience.

E.S POSTHUMUS, album Makara.

es posthumus

Amateur de musiques de films Epic song ? La science fiction est votre seconde nature ? Le Seigneur des Anneaux est rangé consciencieusement et vous le lisez religieusement sans écorner chaque page ? Vous avez pulvérisé le niveau 90 à WOW ? Matrix est pour vous le monument de la SF ?

Makara est une gifle, un raz de marée appuyé d’un orchestre classique déchaîné et d’une efficacité maîtrisée rarement atteinte. Issu de l’écriture géniale de deux frères dont l’un est malheureusement disparu, E.S Posthumus a cessé toute activité en 2011.

Il en restera ce petit chef d’oeuvre totalement débridé de toute volonté commerciale. Makara est surprenant de noirceur dénuée de ligne principale, ce qui en fait toute sa beauté.

Si ce style musical totalement barré vous dit déjà quelque chose c’est que les frères Vonlichten sont loin d’être des inconnus.

Le fameux thème « Ebla » de Matrix Reloaded ça vous parle ? Cold case ? Hunger game ? Doté d’une maîtrise collant au genre cinématographique cyberpunk des plus noirs, voici un album qui plaira indéniablement aux aficionados. Le morceau d’ouverture Kalki vaut le détour à lui seul .

Un disque pour pousser sa chaîne Hifi dans ses derniers retranchements avec des qualités antinomiques comme profondeur d’image, tenue du grave, résolution maximum et timbre au cordeau. De quoi mettre à mal nombres de DAC audio…

Carpenter Brut EP 2 et 3.

carpenter brut

Ils sont devenus fous chez Culture HD ? De l’électro dans les colonnes musicales ? Et bien oui ! La musique doit s’ouvrir sous toutes formes et je ne peu ignorer toutes pistes musicales. Amateurs de musique baroque, de chambre, passez votre chemin.

Ici règne le beat lourd, le synthé old school 70/80. l’arpégiateur mène la danse et les boites à rythmes Roland s’illuminent de tous leurs éclats de plastiques. Kandisky avait ressuscité le style de Sakamoto/ Kraftwerk et consorts appuyé du très esthétique film Drive. Carpenter Brut vient d’appuyer sur le bouton nucléaire plus noir, plus crasse, redéfinissant le genre que pourtant Arcade High avait entériné.

Les rythmes propres, policés des autres groupes font place ici à des « drums » so 80 entachés de disto lézardant les murs. La partie grave fourmille d’infos à en péter les woofers de vos enceintes.

Véritable bombe, Carpenter Brut fait ce que Kavinsky et son beat acidulé Nightcall n’avait pas osé. Ça pousse dans tous les coins, ça monte, ça descend avec un BPM à en décoller les dalles du dance floor.

La boule à facettes Disco s’est barrée, morte de honte et les projecteurs crachent des flammes. A écouter après le boulot comme une libération salvatrice, à fond dans la voiture, un vendredi soir avec un temps entre chien et loup. Un exutoire efficace et doté d’un sacré sens de la construction synthétique propre au genre.

Hopkinson Smith, JS BACH Sonatas & Partitas suites chez Naive.

Hopkinson Smith

Hopkinson Smith fait partie de ces artistes qui ont voué leur existence à la perfection musicale. Maître reconnu du Luth et de facto au Théorbe, professeur émérite, référence en tant qu’interprète de J.S Bach, la réputation de H. Smith dépasse de très loin les frontières de la musique classique.

Cette nouvelle version chez Naîve réunissant les partitas et suites précédemment édités rapproche un peu plus l’artiste de l’objectif fixé. Jouées avec une dextérité surnaturelle, d’une élégance rare, ces partitas réconcilient les amateurs préférant les versions retranscrites au clavecin.

Jamais autant le mot maîtrise n’a collé à un homme capable de repousser les limites à chaque enregistrement. Je reste pantois à chaque écoute devant autant de possibilités que laisse deviner l’interprète.

Je reste malgré tout pour ma part sur les instruments à cordes frottés plus éloquents peut être mais je pèche par esthétisme idéologique.

Une autre vision de JS Bach et des retranscriptions jouées par un homme qui maîtrise son instrument à un tel point que l’on se demande si parfois le simple mortel est capable d’en comprendre toutes les subtilités très intériorisées.

On est loin de la démonstration musicale pour vendre du disque. Et c’est peut être cela qui peut rebuter l’amateur non éclairé. Hopkinson Smith fait fusion avec l’instrument au risque de ne pas entraîner l’auditeur avec lui.

Un CD à écouter avec plusieurs niveaux de lecture en découvrant à chaque passage des subtilités nouvelles.

Ne pas l’avoir dans sa médiathèque serait un crime intellectuel. A posséder absolument.

Colette Magny. Chansons pour Titine.

colette magny

Loin d’être une nouveauté, « Chansons pour Titine » est un album collector qui est de plus en plus difficile à trouver. Principalement édité en vinyle et plus rarement en CD, voilà une chanteuse oubliée du grand public à tort.

Colette Magny était une des rares représentante dans le répertoire blues français capable d’attaquer des légendes comme « Strange Fruit » de Nina Simone ou « Love me tender » de Presley avec une rare émotion. Un caractère bien trempé, une voix puissante et envoûtante doublée d’une pianiste hors pair, il serait cependant réducteur de limiter Colette Magny à ces deux facteurs.

Artiste engagée d’extrême gauche C.Magny dénonçait les travers de son époque avec des motifs récurants comme le racisme, la guerre au Viêtnam et la bêtise humaine au sens large. Colette Magny chantait et touchait au plus profond de votre âme.

Morte quasiment dans l’anonymat en 1997, Colette Magny laissera 10 albums dont le fameux chansons pour Titine en 1983. Le titre « Strange Fruit » emprunté à Nina Simone vaut le détour à lui tout seul avec un piano magistral et une émotion à en dresser les poils sur la tète.

Un Dimanche, si la pochette noire de cet album dépasse du bac d’un marché au puces, forcez le vendeur et acheter sans condition.

Conclusions

Pour :

Contre :


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