jack_reacher

Publié le 2 décembre 2013 à 15 h 43 min | par Richard

Jack Reacher test blu-ray

Jack Reacher est une adaptation du roman policier « One shot » (folie furieuse) écrit par Lee Child, romancier émérite du polar classique américain. Bon départ donc pour un film mêlé de plusieurs ingrédients piqués ici ou là, pour un résultat efficace hollywoodien, mais pas que…

Tom Cruise héros de service, remet le couvert après un Impossible mission emphatique. On aurait pu s’attendre à une incohérence de casting magistral, Cruise pourtant confirme qu’il est un incontournable du cinéma américain.

Le rôle principal aurait pu en effet être attribué à une armoire à glace, Jack Reacher dans le roman étant un ancien policier militaire des MPC du corps des marines. Plutôt le genre de garçon plus proche du gabarit de Vin Diesel que de Tom Cruise.

Mais le pari de la belle gueule et de l’acteur expérimenté à fait mouche au même titre qu’un Ryan Gosling, la comparaison avec l’énorme Drive étant obligatoire.

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Relecture donc en 2012 des vigilante movies, les fameux films des justiciers des seventies, de Charles Bronson, et autres productions de Clint Eastwood, à coup de Magnum 357.

Les recettes du film de justicier sont tellement éculées que Hollywood a marqué un break, le croyant mort et enterré avec Impitoyable, western mettant un terme par le justicier incarné sur la 35mm, lui même, Clint Eastwood. Il dévissera son piédestal Smith et Wesson définitivement avec le génial Gran Torino.

Pourtant, quelques résurgences comme Punisher par exemple ou Harry Brown avec Michael Caîne feront un petit tour et puis s’en vont. La vision de Batman par Frank Miller et Christopher Nolan d’ailleurs n’est pas si loin, inventant quasiment le polar/super héros à l’écran.

Le cinéma américain a tenté maintes fois de ramener le genre devant l’écran, tentant de casser les codes pour le ramener à la vie. Finalement c’est par une autre porte dérobée qu’il est revenu dans les salles obscures.

Le risque était grand de frôler le nanar intergalactique. Le coup de génie est d’avoir appelé Christopher McQuarrie, scénariste du génial tortueux Usual Suspect et le remake de Opération Walkyrie joué par Tom Cruise dans le rôle du Colonel Claus von Stauffenberg.

Le film Way of Gun injustement méconnu, première réalisation de Christopher McQuarrie, mêle habilement le thriller et le western spaghetti. Bref l’homme de la situation, pour un film que l’on n »attendait pas et qui a relancé ce type de cinéma.

Retour vers le futur

Un film savamment dosé

je suis jack reacher

La force du réalisateur est d’avoir fait passer le vigilante movie dans le 21e siècle avec un sens esthétique affiné se servant des principes de l’époque.

On est faussement moins dans une vision typiquement réactionnaire de : j’ai vécu une injustice, je vais massacrer tous les méchants qui se présentent, ma colère et mon flingue feront le reste. Jack Reacher (Tom Cruise) n’utilisera une arme à feu qu’à la moitié du film et les combats à mains nues ont une certaine forme de crédibilité.

Le réalisateur doué pour les mélanges scénaristiques, croise avec talent les recettes du film de complot à tiroirs, apportant la noirceur des polars. Le résultat est d’une redoutable efficacité avec aucun temps mort, plantant idéalement l’intrigue de départ sans aucun dialogue pendant quasiment dix minutes.

Le résultat est alléchant, surligné du talent d’écriture d’un bon polar avec une synopsis inscrite dans son temps. Ne comptez pas sur moi pour spolier le film, si vous ne l’avez pas vu.

Une distribution efficace

Cruise jouant le baroudeur militaire qui sait tout du comportement de l’humain, « normal j’ai fait la guerre, toi non », est un rôle qui lui colle à la peau. Le réalisateur se servant de l’image de l’acteur avec des touches d’humour et des contre-sens phallocratiques.

Rosamund Pike jouant une avocate idéaliste appuyée de sa blondeur angélique et de ses grands yeux bleus, est parfaite passant de la conviction à l’ébranlement de ses certitudes, magnifiée d’un tailleur qui ne peut laisser la gente masculine indifférente.

Rosamund Pike

Mais le clou du spectacle en revient à l’énigmatique acteur Werner Herzog, réalisateur du Nosferatu de 1979, gros méchant caricatural slave au sang froid, énigmatique, dont le seul but est de survivre coûte que coûte. Un modèle du genre, amenant cette noirceur au film.

Robert Duval faisant une apparition vers la fin du film me paraît par contre un peu sous exploité en guest-star vieux bourru retraité de l’armée.

Le défaut du film est son efficacité elle-même. Etant donné que l’on a affaire a un vigilante movie, l’homme réactionnaire est magnifié comme un être supérieurement intelligent, sans compter le côté Jack Reacher tout puissant, je sais tout (voir omniscient), je suis plus intelligent, je suis un survivant, je suis un mâle dominant, les balles rebondissent sur mon intellect de testostérone.

Ce côté trop surligné, apporte de la non crédibilité et produit le contre sens de celui-ci, rejoignant la fiction improbable, déjouant les clefs du code de la violence légitimée.

Mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce type de film, sinon James Bond ne serait pas l’effroyable tueur qu’il est, symbole du temple de la misogynie absolue. Dirty Harry ne serait pas grand chose sans les phrases cultes et la taille de son flingue.

McQuarrie a réussi indiscutablement sur ce point. Faire passer l’inspecteur Harry et Charles Bronsson dans ce siècle avec talent, le kitsch et tous les codes qui vont avec.

On sent l’amoureux de cinéma qui a dû bouffer du thriller et du Gran Torino, de Hitchcock en passant par les films complots de Sydney Pollack.

La qualité d'image

reacher in camero
Disons le tout de suite. Jack Reacher est une tuerie cinématographique en HD. Une merveille de précision sans rentrer pourtant dans le surnaturel.

Chapeau bas à une colorimétrie bien choisie, sans tomber dans l’écueil passéiste jaunâtre de la pellicule « chrome vision Kodak » des années 70 granuleuse, mais qui rappelle vaguement celle-ci.

Le cadrage plutôt classique passe comme une lettre à la poste et les scènes de nuits sont particulièrement bien reproduites.

Une réussite technique laissant pantois à plus d’un titre. L’outil parfait pour tester les vidéoprojecteurs. Je connais quelques écrans LCD et projecteurs qui seront mis à mal, notamment dans les noirs et dégradés.

Qualité de la bande son

Un sans faute avec une bande-son bien dosée sans être trop démonstrative encadrant le film à la perfection. Des effets de passage audio rappelant la scène juste avant, parfaitement maîtrisée, fondant sur celle d’après.

Passant de l’intimité décrivant des lieux clos à l’exubérance des poursuites de voiture en « Muscle car » rutilant, Jack Reacher fera monter le subwoofer dans le rouge avec une partie médium aigu décrivant à souhait les ambiances sans exagérations.

Tout ça appuyé par une composition musicale aux accents de films de guerres patriotiques, par Joe Kramer au top.

Mais comme d’habitude la version originale écrase la VF façon puzzle par ses timbres chauds avec une dynamique idéalement répartie.

Conclusions

Jack Reacher apporte avec brio la contradiction du macho flingueur que l’on adore dans les années 70 avec une efficacité rare, déficitaire à son époque de gloire.

En cela, Jack Reacher est un sacré morceau cinématographique, appuyé de recettes évidentes mais rassurantes aux yeux du spectateur. Le cinéphile aiguisé lui, peut être un peu sur sa faim, espèrera plus de crasse et de noirceur façon « Bad lieutenant ». 

Aucun doute sur le slogan du film, Tom Cruise est Jack Reacher. Personnellement devant l’énorme talent du réalisateur scénariste, j’attends une suite ou une inspiration digne de Usual Suspect qui me clouera le bec comme à sa sortie.

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Jack Reacher test blu-ray Richard

Jack Reacher

Piqué image et colorimétrie subjective
Qualité du son globale
Qualité instrumental de la bande son
Bonus dvd blu ray
Qualité artistique ou scénaristique

Summary:

4.2


Pour :

  • Tom Cruise est Jack Reacher.
  • Superbe colorimétrie.
  • Bande son en osmose avec le film surtout en VO.
  • La poursuite en voiture.
  • Rosamund Pike.
  • Le méchant vraiment méchant.
  • Le rythme de montage parfait.

Contre :

  • Robert Duval un peu sous exploité.
  • Un léger manque de noirceur.
  • Rosamund Pike ne donne pas son portable dans les bonus. Dommage.

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