emika-close yours eyes

Publié le 28 août 2013 à 13 h 17 min | par Richard

Emika, la petite faiblesse qui vous perdra.

Emika DO, ré mi fa…

Emika est une totale inconnue en France. Cette beauté anglaise d’origine tchèque au visage délicieusement félin, a déjà sorti un premier album en 2011 qui a fait son petit bout de chemin issu de Bristol, bastion de la scène électronique du Trip-hop. Emika nous revient avec une orientation plus POP synthétique downtempo, toute aussi froide mélangeant des parties plutôt classiques, des mélodies dépouillées, jouant avec l’auditeur au chat et à la souris. Le label Ninja Tunes a encore frappé et découvert une artiste sur laquelle il faudra compter dans les temps futurs proches.

DVA 19,6% ?

DVA second album plus mature et bien produit, a quelques perles à son actif. Un son frisant la froideur d’un glacier, réchauffé par de grosses nappes de synthés où la voix fragile et sensuelle se pose sur un »vocodeur » à juste mesure. Un délice de sophistication graphique et épurée tombant dans l’abîme d’une dangereuse mélancolie slave maladive. Un délicieux piège séducteur.

Emika DVA bien ?

EMIKA DVA
Cette album peut déstabiliser par cette musique clinique plus froide, encore plus que la cold wave des années 80. Témoin de son époque, Emika parle de sujets proches de son vécu, au travers de son propre regard plutôt pessimiste, avouons le.

Après une entrée en matière avec un interlude basé sur de la belle musique classique, on enchaîne les 15 morceaux avec quelques perles acidulées dont le troublant « filters » au rythme lancinant plaqué d’accords de piano en fond. Un morceau très esthétique doux à l’oreille et chic.

« Young minds » me fait penser à ce groupe éclair généralissime du début 2000, Fisherspooner. La similitude est troublante.

« Sing to me » est dans la même veine avec de belles montées et descentes avec un son très caressant. « Dem Worlds » vient chercher du côté de la musique classique contemporaine américaine et détonne dans cet univers synthétique. Très joli morceau d’une sensibilité à fleur de peau.

« Sleep with my ennemies » bien construit plus convenu laisse un peu sur la faim. La reprise « Wicked game » de Chris Isaak apporte un éclairage nouveau sans pour autant trop s’écarter étrangement de l’original alors que l’orchestration est diamétralement opposée jouant sur des échos rythmiques.

« Mouth to mouth » frôle l’expérimentale sur une montée progressive pour finir plus classiquement avec toujours ce côté dépouillé et pourtant séducteur.

« Centuries » vient chasser sur les terres des maîtres de la musique synthétique du début 2000 sans en atteindre la quintescence.

Sur « Criminal Gift » Emika a ressorti le piano Rhodes torturé avec une légère orientation à la Portishead, Bristol influence oblige.

Conclusions

Ce second album peut décevoir l’amateur ayant écouté le premier opus si prometteur de 2011. Mais DVA est très loin de finir dans la poubelle synthétique. Sophistiqué à souhait, Emika en tant que sound designer chez Native Instruments, démontre une vraie maîtrise talentueuse de la musique sur ordinateur et bien plus encore avec un style imprenable.

Plus dans le détail que la force, cet album séduira les amateurs de musique à l’esthétisme épurée à outrance avec de beaux sons sophistiqués, aux allures dramatiques et terriblement noires. Emika ne peut cacher ses influences de la scène Trip hop en se les ayant appropriées pour déboucher sur une POP difficilement cataloguée, patchwork de plusieurs influences teintées de musique classique.

Plus un bon coup d’essai qu’un coup de maître malgré tout, le premier album étant un ton au dessus. Mais l’évolution est là et la suite semble prometteuse. L’album est disponible en 24bits sur l’excellent Qobuz.

http://www.qobuz.com/album/dva-emika/5021392819198

http://www.emika.co.uk/

 

Emika, la petite faiblesse qui vous perdra. Richard

Emika album DVA

Qualité du son globale
Qualité instrumental et vocal artistique
Qualité du package

Summary: Un album de qualité mais auquel il manque l'audace du premier. Le son lui est charmeur surtout en version 24 bits.

3.7


Pour :

  • Esthétique et délicieux un jour de pluie mélancolique.
  • Une version 24 bits au son d’une étonnante douceur.
  • Un style très personnel et très affirmé.

Contre :

  • Sans trop de surprise sur certains morceaux.
  • On ne peut pas dire que ce soit la joie de vivre !
  • Moins enlevé que le premier album.


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