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Publié le 23 novembre 2014 à 12 h 01 min | par Richard

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Brigitte , A bouche que tu veux.

Brigitte a bouche que tu veux

Voici le retour du duo infernal. Véritable caméléon musical à la sensualité affirmée, Brigitte revient avec un album teinté d’une délicieuse année 69, année érotique, saupoudrée d’une french-touch toujours maîtrisée à souhait. Sophistiqué oui, sophiste non.

Le disco prend son envol sur les voix sucrées des compositrices. Passant d’un kodachrome à un autre, d’un Charlie à un autre, Brigitte nous donne en effet L’O à la bouche, histoire de rendre jaloux un timide Gainsbourg encore poinçonneur des Lilas …

Sur le morceau « Le déclin » que l’on pourrait qualifier de « Sous le soleil » d’aujourd’hui, on sent les rayons de lumière traverser la fenêtre et se sentir réchauffer. Affirmant sa mélancolie à souhait, le duo ne rentre pas pour autant dans la guimauve. Délicieusement féminin en somme, concrétisation de cette force sous une apparente fébrilité trompeuse comme un piège se refermant sur l’auditeur.

En parcourant l’album, certains morceaux sont en apparence plus convenus et dans la lignée des précédents mais l’audace est toujours là, saupoudrant l’ensemble de malice. Un vrai talent d’écriture musicale, jouissive à plus d’un titre dont la plume est trempée dans le beat 70 en 35 mm cinémascope.

A bouche que tu veux.

Pourtant sur « Les filles ne pleurent pas » Brigitte n’oublie pas qu’elles sont des produits 80 et 90. Le rythme plus actuel prend forme dans cette écriture musicale toujours maîtrisée et finement construite sans rentrer dans le cliché facile et le beat vulgaire relevant le niveau avec une déconcertante facilité.

L’ensemble se finit sur un reggae lancinant dénommé « Plurielle » sans rentrer dans le plan plan frôlant avec les bad trip de Kingston. Plus prêt d’un Bob que d’un dub lourd et brumeux, Brigitte évite l’écueil, appuyé de sa féminité exacerbée. Sans égaler le maître à bord Bernard Lavillier, le résultat est plus qu’écoutable voire surprenant sur une seconde lecture plus attentive.

« L’échappée belle » premier morceau de l’album est juste une perle lancée à 200 à l’heure comme une balle de nacre tirée d’une sarbacane aux douceurs de betterave. Juste magnifique, épris d’un délicieux son 70 pur jus.

« J sais pas » est tout simplement le meilleur titre du duo depuis le « tubesque » Battez vous ! Du disco funk tendance Chic clairement affirmée, inspirée par les divas de l’époque. Ajouté du talent de composition des dames, nous voici en présence d’un titre quasiment instrumental rappelant vaguement par instant un autre duo mythique de la scène française, Daft Punk (Get Lucky) .

« O Charlie chéri » est une pure trouvaille, d’une efficacité, d’une structure sans faille. Certainement un tube en perspective. Il vaut l’achat de l’album à lui tout seul. Véritable ode à la séduction masculine, Brigitte se laisse enlacer par cette faiblesse qui rend les femmes si fortes.

Et croire que les paroles provoqueront l’hydre des machistes frustrés et des féministes outragées devant un texte aussi habile, ceux-ci tomberont dans le panneau. Il mettra dos à dos les protagonistes réactionnaires de tous poils, féminins et masculins.

Conclusions

« A bouche que tu veux » est un missile en forme de lipstik au regard malicieux d’un mascara fatal pour la gente masculine. L’époque de Vendetta et de son french kiss est révolue. Le son Brigitte est toujours là avec un talent de composition évoluant à chaque album pour atteindre un plaisir auditif plus structuré que le précédent.

« A bouche que tu veux » est une folie douce agréable, un moment de détente plaisant, un bonbon acidulé honteux dont on raffole finalement.

Pour :

  • Une composition léchée et précise.
  • Un plaisir musical simple et rafraîchissant.
  • Une qualité d’enregistrement acceptable d’aujourd’hui.
  • Existe en vinyle.

Contre :

  • Une surproduction pouvant nuire à la spontanéité du duo parfois.
  • On aimerait plus de complexité peut être…
  • Rien d’autre !


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