harbeth

Publié le 26 août 2015 à 19 h 52 min | par Richard

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Super Harbeth HL5 Plus, monitor test.

Les solutions monitor studio ont souvent été marginalisées en leur temps au nom de la haute fidélité rayonnante des années 90 pour des raisons marketing peu avouables. Adieu JBL 4312, Rogers et autres Tannoy pour des formes bio-design, aux peintures métallisées dignes de berlines allemandes confortables mais bien souvent peu musicales…

On ne peut donc qu’apprécier le retour en grâce d’une véritable marque d’enceintes de studio supporté par son concepteur Alan Shaw dont la seule finalité est musique et « High-Fidelity ». Loin des modes mais près du cœur, voici le test des Super Harbeth HL5 Plus, des enceintes atypiques aux généreuses proportions mêlant un joli placage bois « old-school » et une expertise reconnue du monde de l’enregistrement professionnel.

Voici un test comme on aimerait en avoir plus souvent, avec du bois, de la matière et le plus important, de la musique !

Give me HL5.

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Les Super Harbeth HL5 Plus en imposent avec une finition typiquement dans la mouvance « english studios loudspeakers ». On contemple ces enceintes avec un poil de nostalgie et l’on sent que quelque part, un pan de l’histoire (37 ans) de la haute fidélité est présent là, devant vous. Le placage bois bien ajusté renferme pas moins de 50 litres de charge en bass-reflex pour un HP de 20 cm de diamètre.

Petit point non négligeable comme tout bon monitor, les enceintes Harbeth HL5 ont le résonateur bass-reflex en façade permettant un placement moins délicat dans les pièces tortueuses et exiguës. Le bornier haut parleur est de bonne facture et pour une fois ne cherche pas à imiter les références WBT ou Cardas étant simple et mécaniquement fonctionnel au toucher.

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On se chargera très vite par contre de remplacer les barres de métal servant de straps sur le bornier bi-câblage par du câble de qualité. Le changement sera bénéfique avec une augmentation du grave, de la lisibilité dans le médium aigu. Le choix de composition d’une deux voies et demie avec super tweeter n’est pas anodin et détonne à l’heure actuelle. Pourtant si l’on cherche un peu, ce type de configuration était bien plus répandu dans les années 80 avec une certaine efficacité.

L’image sonore quasiment holographique, véritable signature de ces enceintes doit probablement beaucoup à ce montage particulier.

L'Harbeth et la manière.

Les HL5 version Super Plus sont une relecture des Super Harbeth HL5 avec un haut parleur de grave retravaillé. Le woofer de 20 cm de diamètre avec cône de diffraction grimpe à plus de 3100 Hz et 40 Hz dans le grave en moyenne. Le filtrage est passif à pente raide (probablement 18 DB) et sans doute corrigé par des cellules de zobel. La membrane de type « Radial 2″ est un polypropylène à profil exponentiel courbe cherchant le sacro saint éternel rapport : légèreté, rigidité et amortissement interne afin de contrôler les résonances internes néfastes.

Comme tout monitor studio qui se respecte, les 12 vis permettent de retirer la façade pour faciliter le remplacement de pièces éventuellement défectueuses.

Le profil exponentiel des hauts parleurs Harbeth.

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En étudiant la membrane de près, on observe de discrètes lignes nervurées grises suivant la courbe exponentielle du cône. Il est donc possible qu’une matière injectée (du carbone ?) chargé dans le polymère serve à casser les ondes stationnaires et augmente la rigidité de l’ensemble. On retrouve ce même type de technologie sur les anciennes Infinity Kappa 8 et 9 (les vraies) et autres hauts parleurs de course des années 80 notamment proches du TPX de chez Audax ou Seas.

Le procédé Radial d’Harbeth. (Cliquez sur la photo pour voir les nervures.)

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Le résultat technique est probant. La courbe du haut parleur n’est plus montante en fin de course dans le médium aigu permettant un filtrage plus simple sans accident notable de linéarité.

On le verra par la suite, ce type de technologie est fortement responsable du résultat auditif des Harbeth. Les deux hauts parleurs de 27 mm et 20 mm sont plus communs et de fabrication moderne classique.

L’aigu principal est filtré autour de 3100 Hz reprenant le châssis du mythique tweeter Seas avec bobine de 25 mm (série TDF et TDC) avec dôme en aluminium de 27 mm très fin et ultra léger. Nous voici avec un grand classique de la Hifi par le grand spécialiste norvégien. Une construction sérieuse fabriqué spécialement pour Harbeth qui comportent quelques originalités gardées secret.

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L’originalité la plus marquante est certainement ce tweeter coiffant le haut de l’enceinte. Ce haut parleur d’aigu de 20 mm de diamètre avec une petite amorce de pavillon débute à partir de 15Khz qui marche de concert avec le tweeter sur cahier des charges de chez SEAS. Les raisons invoquées d’un tel procédé restent mystérieuses. Chaque constructeur possède ces propres recettes jalousement gardées.

La membrane est probablement un mélange de feuille de titane en surface avec traitement et support polymère sur suspension imprégnée. On aurait pu craindre quelques colorations et résonances étranges sur les harmoniques de type 2 et 3 avec un tel stratagème. Pourtant à l’écoute je n’ai pas ou peu relevé de problèmes néfastes, j’irais même écrire que ces enceintes sont redoutables sur les harmoniques…

Prendre son pied.

D’après les utilisateurs fervents défenseurs des HL5, le choix des pieds est capitale dans le résultat sonore final. Après de longues pérégrinations, le choix s’est porté sur la marque Skylan. Cette société allemande fabrique pour Harbeth un support dédié (référence SKY 4P18) rehaussant l’ensemble de 43.6 cm sans les pointes. Nous avons utilisé toutes les options avec remplissage des granules spécifiques en option (sachets de 7.5kg) dans les pieds.

On peut aussi utiliser les coupelles Q bricks permettant là aussi de grappiller un peu de lisibilité, déjà très probante au départ. Je vous conseille fortement l’achat de ces pieds et l’option de remplissage garantissant un bon résultat d’ensemble. De plus, avoir un pied dédié est l’assurance d’avoir les tweeters à hauteur d’écoute et un gage de revente d’occasion facilitée.

J’ai écouté d’anciennes versions d’Harbeth HL5 par le passé (5e génération) avec des pieds plus fragiles et moins chers (Target), le résultat était incontestablement en retrait. Vous êtes prévenus !

Sachez que le grand cache fourni s’insérant dans les rainures de façade dénommé « supergrille » a un effet moins dévastateur dans le médium aigu que la concurrence. On peut donc écouter avec les caches de protection sans une réelle frustration. Néanmoins, je serai moins optimiste que le constructeur, une écoute sans les grilles restant de mon point de vue supérieur sur les harmoniques notamment.

Mise en oeuvre des grandes dames Harbeth.

Conditions d'écoutes :

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Nous avons pu écouter nos Harbeth HL5 avec de très bonnes conditions de mise en oeuvre dans un auditorium que nous connaissons fort bien, lieu incontournable de la Haute Fidélité audiophile dans l’Hérault. Les passionnés de vinyles savent parfaitement de qui je parle…

Les tests se sont principalement déroulés dans l’auditorium principal haut de gamme avec acoustique traitée. La séquence de rodage fut particulièrement longue dans le second auditorium plus petit. Prévoyez 300 heures minimum et j’ajouterai même le double !

Une exigence d’empereur.

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Ne vous leurrez pas. Les Harbeth sont des enceintes dérivées de l’enregistrement professionnel de type BBC. A ce titre, elles demanderont un soin particulier et toutes les attentions pour parfaire le résultat sonore global.

L’association entre diverses électroniques sera plus pointue que d’habitude mais une fois trouvée les Harbeth sont les enceintes définitives d’une vie.

Comme toute enceinte de type studio monitor ou affiliée, les Harbeth HL5 sont écoutables relativement de près, en position « nearfield » et donc tout à fait maîtrisable dans de petites pièces de 20m².

Des pièces de 30 et 45 m2 sont plus en adéquation et permettront au registre grave de complètement s’affirmer.

Le mètre ruban sera indispensable pour les caler au millimètre près et de nombreux essais de placement devront être essayer. Les Harbeth HL5 aiment les espaces aérés bien que jouer avec le mur arrière selon la nature du matériau puisse apporter satisfaction.

Néanmoins, vu l’énergie dans le grave déployée, un minimum vital de 50 cm me semble raisonnable afin d’éviter tout écueil nuisible à l’équilibre du message sonore.

Autre point, nous avons très légèrement pincé de quelques degrés les enceintes vers le lieu d’écoute sans pour autant véritablement les croiser vers nous. Selon les configurations de pièces, on peut même se retrouver avec les enceintes quasiment droites.

J’insiste sur le fait que les Harbeth demandent une optimisation poussée pour obtenir un résultat satisfaisant au risque d’une déception ne reflétant absolument pas ces enceintes pétries de qualités rares à ce niveau de prix.

Pour la partie câblage, il faudra apporter une section nécessaire de 4 mm2 minimum pour profiter de ce bas médium grave très articulé. Nombre de marques existent, à vous de contacter votre revendeur et dépositaire Harbeth en fonction de votre chaîne Hifi.

Sur les forums, Esprit Audio, Cardas et le fameux Maat de Hifi Câble (Jean Claude Tornior) notamment reviennent souvent dans les discussions.

 

L’amplificateur et la source, un choix critique.

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Une fois ces précautions prises les Harbeth HL5 révèlent une très grande précision et recherche des détails. Le choix d’une source de très haute qualité découle donc là aussi pour obtenir le nirvana.

Privilégiez des sources au son plein qui ont du corps et hautement musical. Laissez immédiatement tomber les ténors de la Hifi industrielle (sauf exception) au profit des petites marques artisanales de passionnés.

Si votre budget est restreint, des DAC comme l’excellent Naim DAC V1 ou le petit PS Audio NUWAVE seront d’excellents compagnons de transition. Si votre budget est fortement extensible, le fabuleux Audiomat Maestro 3 me semble tout indiqué. Il faudra voir aussi du côté des convertisseurs ou lecteurs CD (Jadis Orphée) avec sorties à tubes qui font des miracles avec les Harbeth.

Privilégiez les amplificateurs dynamique et charpenté de type transistor par exemple en classe A . Pour le tube, Audiomat semble quasiment fusionnel avec les belles anglaises. Des essais avec du Jadis me semble une voie à creuser ainsi que Conrad Johnson. On pourrait tenter l’aventure avec un Air Tight ATM2 à condition de l’attaquer avec un pré-ampli de haute volée.

D’autres pistes sont à étudier avec un Naim Supernait 2 DR. Personnellement, je serais très curieux de connaître le résultat sonore en association avec la prestigieuse marque Aesthetix

D’occasion, les amplificateurs blocs mono Counterpoint Natural Progression seraient probablement redoutables ou en solution d’attente, un bon vieux Quad 606 ferait bien l’affaire.

Matériels et procédures utilisés pour les Harbeth HL5 Plus.

coda-continumm-TSX-amplificateur

Nous avons eu la chance d’utiliser un nombre conséquent de matériels très haut de gamme. Nous remercions d’ailleurs Alain au passage qui est d’une patience infinie pendant ces longs week-ends d’écoutes et de bavardages intensifs.

Nous avons eu aussi la chance d’écouter les Super Harbeth HL5 (6e génération) chez un audiophile possédant un amplificateur Gryphon Diablo et un lecteur CD Yamaha CD3000 avec une étonnante cohérence d’ensemble.

Pendant ces essais, l’évidence s’est imposée d’elle même. Le choix d’électroniques pour faire fonctionner les Harbeth s’avère pointilleux. Après de multiples essais avec diverses productions de chez Lavardin, nous avons fini sur la marque américaine Coda avec l’ensemble pré-ampli Coda 0.7 et l’amplificateur Coda Continumm TSX de 2 x 400W.

coda-07X-préamplificateur

De quoi largement satisfaire les 86Db d’efficacité des Harbeth demandant des amplificateurs avec du Watt qui pousse et de haute qualité. Il ne faudra pas nécessairement beaucoup de Watts mais de qualité et tonique. 60 Watts en moyenne me semblent quand même le minimum acceptable en transistor et 30 Watts sur un amplificateur à tubes de renom.

Après un essai étonnamment infructueux avec le transport CD DCS Pucinni, notre choix s’est porté sur le lecteur CD Jadis Orphée, toujours aussi musical et séduisant.

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Tests des Super Harbeth HL5 Plus (7e génération).

Martial Solal Sony Music France Musique Improvisations 2CD.

solal france musique

D’emblée, après moult essais de positionnement, les HL5 délivrent leur potentiel. Ces belles anglaises ne peuvent renier leur origines professionnelles.

La transparence, la précision rejoint d’entrée de jeu le haut du panier décrivant le piano de Martial Solal entre les enceintes détourant chaque note dans un ensemble cohérent.

Attention, à privilégier une source de haut niveau en terme d’équilibre et d’information. Sinon les HL5 vous le feront savoir immédiatement. Sur le DCS Puccini, le résultat est de qualité mais un léger manque de corps sur les notes est lisible.

Sur le lecteur CD Jadis Orphée, on s’envole dans d’autres sphères sonores démontrant une transparence redoutable marquant les différences sur les HL5.

Une fois l’adéquation trouvée, l’image sonore explose littéralement dans la pièce démontrant des qualités rares en terme de scène sonore. Pour profiter de ce sweet-spot holographique, il faudra peut être se rapprocher plus que d’habitude pour en bénéficier. Le timbre est au cordeau ni maigre ni pâteux.

Toute caricature sonore est ici bannie au profit d’une lecture sans faille du pianiste de jazz malicieux et enjoué. L’improvisation se suit avec aisance, dénuée de tout artifice trompeur.

Les enceintes Harbeth plantent immédiatement le décor. Scène sonore large et cohérente, musicalité hors norme, registre grave loin des caricatures habituelles de colorations néfastes d’une lisibilité accrue.

Ghost in the Shell de Kenji Kawai. Bande originale.

ghost in the shell BO

Sur cette bande originale atypique agrémentée de tambours japonais lézardant les murs et de nappes de synthétiseurs abyssales, les HL5 s’en sortent haut la main.

Nombre d’enceintes sont souvent restée sur le carreau notamment devant la puissance du cœur lyrique doublé des énormes percussions rendant l’ensemble strident et peu agréable. Les HL5 sont capables de niveau d’écoute élevé sans distorsion pour peu que l’électronique de puissance suive.

L’amplificateur Coda Continuum TSX a fait parler la poudre et le 20 cm Radial a étonnamment tenu la cadence là où nos anciennes B&W CM9 avaient crié grâce sur un ensemble Atoll.

L’ensemble de tweeters et super tweeters a parfaitement fonctionné détourant une image sonore dépassant largement le cadre des enceintes sans signe de faiblesse ou projection néfaste.

Cela démontre une certaine polyvalence ne réduisant pas le champ musical à du jazz ou du classique. Les Super HL5 sont aussi douées sur de la B.O de film que le plus hypnotique morceau de techno.

On en n’attendait pas moins d’enceintes dévolues à leurs origines pour le mixage intensif dans les studios.

 

L'Opéra de Quat'sous, Daniel Humair, Joachim Kuhn, Jean-François Jenny Clark. CD.

Daniel Humair l'opéra de Quat'sous

Le tour de force de ces Harbeth est incontestablement d’avoir marié des qualités habituellement antinomiques.

Doté d’une rigueur rythmique utile à la compréhension du message musical, ces HL5 sont des caméléons capables de suivre au millimètre le phrasé du trio de jazz offrant vie et musique tout en apportant la promptitude d’une écoute de studio.

C’est jouissif au possible notamment dans le bas médium grave d’un rare niveau de lecture assurant le plaisir et la dose de précision nécessaire sans désincarner l’ensemble comme c’est trop souvent le cas sur du matériel aux prétentions élitistes.

Les cymbales de Daniel Humair fusent toutes en puissance et en cuivre. Attention à choisir minutieusement les câbles de hauts parleurs au risque de se retrouver avec quelques pincements dans les hauteurs.

Le registre grave bas médium est tout simplement l’un des mieux réussi à ce jour rappelant les légendes passées de la BBC comme Celestion (Ditton66) ou Rogers (LS5/9).

Ce registre est fouillé à souhait apportant une foultitude de détails dans les cordes de la contrebasse. Les HL5 ne font pas leurs 86 Db et procurent une lecture d’un équilibre machiavélique à multiples facettes.

Jacky Terrasson, album Reach Blue Note japan CD 16 bits.

Jacky Terrasson Reach

Il n’y a plus aucun doute à avoir sur l’origine et la fonction première des Super HL5 Plus. Le difficile album Reach de Jacky Terrasson est ici révélé à son grand jour.

Cet opus enregistré brut de décoffrage montre tous les aspects néfastes d’une prise de son faite sans artifices et pourtant d’un très haut niveau de plaisir musical.

Enregistré avec peu de micros dans un local étriqué, le son est défini dans toute sa véracité démontrant le côté cru de cet enregistrement avec des timbres restant cohérents.

Les HL5 décortiquent cette prise de son en soulignant clairement le côté voulu presque amateur et pourtant cherchant des détails et la musique au tréfonds de ce CD.

C’est un véritable tour de force d’avoir réussi à extirper le message principal démontrant une réelle transparence et non un médium aigu en avant qui serait faussement flatteur.

La dernière plage écrite par le percussionniste batteur L. Parker nous gratifie d’un excellent niveau de lecture avec des cymbales qui ne finissent pas en son de crécelle comme c’est souvent le cas sur ce disque.

D’ailleurs, ces cymbales sont pour une fois tout à fait localisables dans la scène sonore et non campées dans le champ de vision des tweeters.

Bande originale Roger Rabbit CD 16 Bits.

Qui veux la peau de Roger Rabbit Alan Sivlestri

S’il y a un domaine ou les HL5 excellent c’est dans la facilité de lecture des contrebasses. A croire que le concepteur a volontairement privilégié on ne sait comment cet instrument alors que l’enceinte parait totalement rectiligne.

A peine dénote t’on un léger surplus de bas médium par instant très facilement maîtrisable en jouant sur le positionnement final. Que ce soit sur l’album « Bass Bass » de Clayton et Ray Brown ou sur ce très suave morceau de jazz avec la sulfureuse Jessica Rabbit tout en dessins animés, les contrebasses font merveille.

Les palettes sont multiples, du simple claquage de corde sur l’archet au plus démonstratif glissando.

La scène sonore est vissée au sol et la chanteuse Amy Irving est focalisée à souhait sans effet surnaturel. Le final explose sans emballement avec un sentiment de recul de la distorsion évidente.

Cette faculté de recul de la distorsion me rappelle certaines productions Dynaudio de la grande époque (89 à 98) et notamment ma paire de Craft qui partage quelques similitudes avec les HL5.

Les 24 caprices de Niccolo Paganini, interprétés par Thomas Zehetmair chez Teldec.

paganini 24 caprices

Les mouvements de tête de Zehetmair sont là démontrant cet exercice musical et démonstratif. L’instrument s’inscrit bien sans débordement ou emballement des tweeters doubles démontrant le grain spécifique des enregistrements Teldec de cette époque.

Indéniablement, les HL5 démontrent parfaitement les défauts de cette prise de son avec des micros légèrement trop près à mon goût. Pourtant ces enceintes vont belle et bien chercher le jeu inimitable de Thomas Zehetmair fait d’envolées d’une rapidité fulgurante.

On pourrait même trouver du grain et du timbre sur l’archet d’habitude absent sur cet enregistrement numérique DDD pur jus de 1992 du studio de mastering berlinois.

Il s’agit bien de monitoring mais donnant énormément à l’auditeur en terme de musique. Alan Shaw maîtrise son sujet démontrant qu’enceintes de studio et musique peuvent cohabiter avec maestria.

Conclusions

Il arrive parfois qu’un vrai petit miracle arrive entre les oreilles. Les Harbeth HL5 ne sont pas exemptes de défaut. Leur rendement de 86 Db ainsi que leur gabarit particulier peuvent faire fuir certains audiophiles qui à tort passeront à côté d’une vraie perle rare par manque d’objectivité et d’expérience.

Il faudra la maîtrise de vieux renards audiophiles pour en tirer parti. Les HL5 partagent en commun une longue lignée de production qui par le passé ont fait les heures glorieuses de la Hifi des années 70 et 80. Elles sont aussi intransigeantes en terme de placement que de vieilles JBL 4312A en leurs temps et aussi capricieuses que les légendaires Rogers en terme de supports et de pieds.

Les Harbeth se méritent. Elles s’apprivoisent. Imaginez vous qu’elles sont issues d’un long processus de conception peaufinée depuis près de 38 ans de mise au point, de recherche permanente.

Une fois apprivoisées, vous ne pourrez plus vous passer de cette capacité mêlant rigueur, lisibilité de studio d’enregistrement, d’un grave d’une articulation jouissive sans coloration. La partie médium aigu vous ouvrira les portes d’une aération peu connue dans le monde du monitoring bénéficiant majestueusement sur les grands ensembles classiques.

Goûter à des Harbeth bien mises en oeuvre c’est succomber au charme brut des belles anglaises. Dénuées de toutes finitions superficielles et de tout artifice inutile, les Harbeth HL5 iront droit au but. Vos sentirez chaque inflexion des instruments, chaque aspérité de l’asphalte vous remontant jusqu’à la colonne vertébrale comme à bord d’une Lotus Seven.

Les Harbeth HL5 sont la parfaite fusion entre les qualités du studio d’enregistrement et une écoute plus audiophile emprunte d’un feeling inimitable.

Sensations garanties !

L’excellent Marc, sérieux et passionné, importateur des Harbeth en France :

http://www.highendaudio.fr/

Le site de la marque anglaise :

http://www.harbeth.co.uk

harbeth-hl-5-sur-pieds

Super Harbeth HL5 Plus, monitor test. Richard
Qualité de fabrication perçue
Définition
Dynamique
Cohérence/ beauté des timbres
Précision
Facilité d'utilisation

Conclusion: Une paire d'enceintes bien au delà du temps et des modes d'une précision sonore redoutable tout en privilégiant la musique, un vrai tour de force. Merci Alan Shaw.

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Harbeth Super HL5 Plus


Pour :

  • Une lisibilité réelle et sans coloration.
  • Plutôt dynamique pour 86Db.
  • Le grave précis et détouré à souhait.
  • Une parfaite fusion entre Hifi et studio monitor.
  • Un équilibre avec un charme inimitable.
  • Une image stéréo confondante de réalisme.
  • Capable de trouver la musique sur des CD médiocres.

Contre :

  • Sans pitié avec une source, un ampli de moyenne facture.
  • Une exigence de véritable haute fidélité pouvant dissuader le débutant.
  • Demande des pieds de haute qualité pour en tirer la quintessence.


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3 Responses to Super Harbeth HL5 Plus, monitor test.

  1. arnaud12 says:

    j’ai essayé ces enceintes,il y a peu avec un Ear Yoshino V12/ensemble CD de la même marque drive4/Dac4,c’est dèja un système,onéreux mais cela confirme que les SHL5+,ne sont pas des enceintes très exigeantes sur la puissances des amplis(charge assez facile),par contre sur la qualité des éléments associés,bien, évidemment c’est différent,elle nécessite surtout et l’article,l’évoque de manière claire et précise des partenaires partageant la même philosophie d’écoute,ampli à tubes ou en classe A fortement recommandés,source avant tout musicale,comme le Jadis Orphee utilisé ici ou l’ensemble Ear Yoshino dont la beauté des timbres paraît assez inimitable……
    Arnaud

    • Richard says:

      Ah, le raffinement du Ear Yoshino V12 ! Merci de nous avoir fait partager votre expérience sur ces superbes enceintes.

  2. arnaud12 says:

    le plaisir est pour moi!!, car il s’agit de passion,pour écouter du rock ou de la musique electronique à volume très,(trop élévé) peut être qu’une combinaison Airtight ATC2/ATM2 ou une combinaison Ear Yoshino 912/509 mk2 sera utile ,pour la majorité,le V12 sera largement suffisant,avec un équilibre,et une qualité de timbres tout à fait incomparable(je n’ose imaginer ce que donnerait l’installation de bons tubes nos EL84 ,)en fait j’en tremble dèja à l’avance…
    Arnaud

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