Smsl M8 et son alimentation SMSL P1

Publié le 2 mai 2015 à 16 h 54 min | par Richard

SMSL M8, champion des mini DAC.

Quand j’ai ouvert la boîte du DAC SMSL M8, je n’en croyais pas mes yeux. Ce petit morceau d’aluminium au demeurant très bien fini pèse 600 grs. A peine plus épais qu’un mini smartphone, il m’a tout de suite intrigué. Autant d’abattage sur internet pour un si petit bout de métal me paraissait quelque peu disproportionné et a grandement attisé ma curiosité devant les spécifications annoncées.

Un DAC ES9018K2M :

L’appareil en promet sur le papier. Compatible DSD 128 avec cinq filtres numériques et armé du tout dernier cri ESS ES9018 K2m, une version stéréo nomade faible consommation du fameux DAC 32 bits 384Khz ES9018. Il n’en fallait pas moins pour que la toile s’affole devant les spécifications énumérées et le prix constaté un peu partout de 250 Euros en moyenne.

Voici donc un test de la « bestiole » qui pourrait bien bousculer la hiérarchie des DAC abordables.

Mini DAC mais il est fait le maximum :

SMSL-M8-DAC-audio-USB-DSD-SPDIF

Le SMSL M8 est un DAC dernière génération équipé donc du chips ES9018k2m avec des spécifications correspondant à notre époque de haute résolution. Ce DAC est donc de 32 Bits avec une fréquence maximum de 384Khz, compatible DSD 128. A quand le 512 ?

L’appareil est d’une finition exemplaire usinée numériquement dans un alliage d’aluminium parfaitement fini. Cela change des autres productions de la marque chinoise plus habituée à fabriquer des amplificateurs en classe D « low cost » pas si mal que ça à l’écoute voire même franchement musicaux mais avec une finition plus anodine et en rapport du prix.

Quand on regarde le M8, on est passé à la vitesse supérieure avec une finition très typée look « high end » en format de poche. On dirait que la marque chinoise a rétréci un Streamer Linn ou Lumen que l’on pourrait presque utiliser en presse papier de 600 gr.

La connectique du SMSL M8 :

SMSL-M8-USB-RCA-SPDIF

La qualité de la connectique Cinch RCA nous rappelle malgré tout que nous sommes en présence d’un DAC à 250 Euros loin des standards allemands WBT/ Eichman Bullet ou américains Tyffany/DHLabs des appareils bien plus onéreux. Rien de dramatique, les connecteurs sont dorés comme quasiment la totalité de la production industrielle d’aujourd’hui.

Autre point, l’alimentation externe est un simple boîtier de 9 V 1.3 A quelque peu anodin là aussi et nous rappelle que nous sommes bien dans un produit abordable. C’est aussi valable pour quasiment tous les Mini DAC de ce prix.

SMSL a prévu le coup et fournit en option une alimentation externe de compétition pour 130 Euros en moyenne dénommée SMSL P1 que nous avons aussi intégrée dans ce test en dernière minute. Et comme on va le voir, cela change le résultat musical de façon drastique .

SMSL-m8-box

L’afficheur en façade :

le trop petit afficheur afficheur-SMSL-M8

Les deux boutons en véritable aluminium sont eux très agréable malgré mes gros doigts de bûcheron, déconcertant de facilité d’utilisation. On aurait pu craindre que l’afficheur soit illisible car franchement petit. C’est le cas. Il faut se rapprocher grandement à moins d’un mètre pour pouvoir le lire mais cela reste supportable et me rappelle que je dois passer chez l’ophtalmologiste.

Un mode stand-by capricieux :

Le bouton de gauche consiste à allumer l’appareil. Si l’on reste appuyé un peu plus longtemps, on déclenche ou non le mode de veille automatique. C’est la petite surprise du jour car si vous enclenchez le mode « stand-by on » le SMSL M8 vous fera un petit tour désagréable. Il s’éteindra au bout de 15 minutes s’il n’y a pas de signal en amont. Vous êtes prévenu ! D’autant qu’il faudra plus d’une demie heure de chauffe pour apprécier ses qualités audio.

Les entrées numériques :

SMSL m8 USB, SPDIF, Toslink

Le bouton de droite permet de sélectionner les entrées. Malgré la taille lilliputienne de ce DAC, on dispose de trois entrées numériques :

  • Une Toslink optique 24 Bits 96Khz dont on se serait bien passé en 2015 pour la troquer par une entrée I2S par exemple.
  • Une entrée SPDIF Coaxial 24 Bits 192Khz.
  • Une entrée USB jusqu’à 32 Bits 384Khz avec puce XMOS s’il vous plaît !

Ce DAC est donc bien outillé et pas grand chose ne manque à l’appel. On regrette juste par exemple que SMSL n’ait pas implémenté le volume numérique très performant des DAC ESS de type ES90XX dans cet appareil pourtant présent dans la puce comme indiqué sur le datasheet de ESS technology.

ess tech schéma es9018k2m

L'intérieur de la boîte à bijoux :

SMSL M8 l'intérieur aluminium

Le concept « less is more » est appliqué ici à la lettre. L’unique carte principale comporte un minimum de composants de type CMS mais judicieusement choisis. Il est évident que cette carte est principalement assemblée sur une machine automatique et que les interventions humaines sont minimes. On comprend mieux le coût de fabrication faible. Cela étant, c’est donc tout à fait faisable en Europe ! Tous les ingrédients sont là pour obtenir un résultat à la hauteur des espérances.

Je régule, tu régules, nous écoutons.

smsl-m8-carte-principale

La partie alimentation certes quelque peu réduite comporte néanmoins des condensateurs de filtrage tout à fait corrects et deux régulateurs 78M05 à priori de chez Toshiba ou Fairchild. On a vu bien pire ailleurs ! Le 3.3 Volts est par contre fourni par un classique BA033 de type LDO.

On aurait peut-être aimer un choix plus d’actualité. La partie 12 Volts symétrique est dans un boîtier blindé, difficile de savoir de quoi il en retourne. On devine deux inductions de type CMS estampillées « 101 »avec des condensateurs en parallèle, difficile d’en savoir plus.

L’ensemble est très cohérent et comporte des composants de surface CMS grand luxe avec des résistances de qualité sur les amplificateurs opérationnels. Du travail pragmatique au final . Dommage que l’alimentation externe d’origine soit vraiment petite face à autant de bonnes intentions. Les bricoleurs et assidus du fer à souder s’empresseront sans aucun doute de changer cette alimentation 9 Volts externe quelque peu « cheaps ».

La partie numérique est savamment dosée avec une puce XMOS pour gérer l’USB haute définition avec deux horloges séparées. SMSL a retenu la leçon et l’horloge équipant le Es9018K2M du DAC M8 est une 100 MHz PPL offrant donc tout le potentiel d’upsampling de course « Hyperstream ESS Tech » ! Alléluia !

Opa 1612 TI à tous les étages, oui monsieur !

SMSL-M8-OP1612

Un bon convertisseur n’est rien sans une bonne sortie analogique bien soignée. C’est la surprise du chef ! On dispose de trois OPA 1612 de chez Texas Instrument. Un choix judicieux d’amplificateurs opérationnels bipolaires reconnus et très efficaces en lieu et place des sempiternelles et vieillissants NE 5532.

Difficile de savoir par contre si on est en mode courant tension et étage buffer ou en simple tension avec étage gain buffer. Je pencherai pour la première hypothèse. Il semblerait que les condensateurs ne soient pas ou peu sur le signal de sortie, signe d’une conception soignée si l’on suit les pistes du circuit imprimé.

opa-1612-courant-tension-SMSL-M8

Quoi qu’il en soit, SMSL semble très bien maîtriser le sujet avec des solutions que l’on rencontre très rarement à ce niveau de prix. Le SMSL M8 est d’ailleurs à ma connaissance le seul DAC fini à ce prix, comportant une puce de ce niveau avec un entourage en adéquation comportant des amplis op de qualité récents et une XMOS sur l’USB.

On n’a pas de pétrole mais une bonne alimentation SMSL P1 :

smsl-p1-alimentation-stabilisee-lineaire

On regrette juste un peu l’alimentation d’origine sous dimensionnée. On trépigne déjà d’impatience de tester ce DAC avec son alimentation dédiée en option, la fameuse SMSL P1 pour un prix avoisinant les 130 Euros. Cette alimentation linéaire stabilisée compatible avec plusieurs appareils de la marque asiatique comporte deux sorties en courant continu de 5 V à 12 V réglables sur l’une et fixe à 9V sur l’autre, dédiée au SMSL M8. D’un poids respectable de 600 grs et tout aussi bien fini que le DAC, elle apportera le courant régulé nécessaire de qualité que l’on est en droit d’attendre.

smsl-p1-alimentation-stabilisee-lineaire

Es9018K2M VS ES9018, fight !

Sur le papier, la version nomade faible consommation du ES 9018 a tout pour plaire. Les chiffres annoncés sont certes un cran en dessous du vaisseau amiral des DAC 32 Bits mais de très haute qualité. Les quatre dernières années ont vraiment marqué un pas de géant dans le monde des DAC et des amplis OP.

Des références telles que les amplis Op AD844, LM 4562, LM 49600, OP1642/12 sont des merveilles de technologie et on peut s’étonner de ne pas les retrouver plus dans les productions abordables… Il en va de même pour les DAC avec les AK4399/4599, les Wolfson 8741/42 et bien-sûr les DAC ESS K2M. On peut citer aussi le PCM 5102a Ti vraiment étonnant pour son prix.

ASIO, Wasapi, Linux, rien ne manque sauf …

Force est de constater que SMSL a fait les choses logiquement et on apprécie grandement le mini CD fournit avec les drivers ASIO ainsi que le logiciel de mise à jour. Honnêtement, peu téméraire je n’ai pas flashé la dernière version par sécurité.

daphile le player haute fidélité sous Linux Gentoo

 

Une compatibilité OTG capricieuse :

Sous Daphile et Windows 7/Foobar le SMSL M8 s’est dignement comporté, acceptant toutes les résolutions actuelles en PCM et le 128 en DSD. Malheureusement, même si annoncé à demi mot, l’appareil s’est montré très capricieux dans une utilisation avec un smartphone en direct via un câble OTG.

Bref, il fut quasiment impossible de lire en entier un fichier 16 Bits 44.1Khz sur un LG avec Android 4.1 et un HTC M1 dernier cri avec Android Lolipop 5.0. Les geeks en herbe s’empresseront sans doute de trouver une solution. En parcourant les forums anglais, on trouve quelques idées. Dommage que ce ne soit pas si « plug and play » que ça, concernant les smartphones et tablettes.

Écoutes et essais du DAC SMSL M8

Conditions de test, DAC SMSL M8 plus alimentation SMSL P1 :

Ce DAC SMSL s’est montré particulièrement pointu et tatillon à mettre en oeuvre. Le sens de la prise secteur sur le bloc secteur P1 est déterminant dans le résultat final et il faudra des câbles numériques en rapport de la capacité de définition de ce DAC.

Il faudra utiliser un câble USB au-dessus de tout soupçon. Évitez les câbles d’origine au profit de marque comme Supra, Wireworld ou encore Furutech.

Idem pour les câbles RCA analogiques qui devront avoir des cinch/RCA de qualité et évitez les mélanges de métaux hasardeux au profit de câbles en cuivre sans placage par exemple. Mogami, Neotech et les « monobrins fils de Litz » me semble une voie à explorer.

Après concertation, les écoutes ont été principalement faites sur la position de filtre numérique « minimal phase ». Il se peut que la position Sharp ou slow sur votre système Hifi soit préférable.

Ce DAC a été testé principalement sur nos systèmes :

Sources :

  • PC tweaké, alimentation modifiée avec player Daphile sous Linux Gentoo.
  • PC portable Asus sous Foobar, interface USB XMos Usabre.
  • Lecteur CD Arcam Delta 70, Atoll Cd 80Se, Sony CDP R1+ DAC Sony DAS R1.
  • DAC : Cambridge Dacmagic 100, Muse Audio TDA1543x4 NOS FL, Atoll DAC100, U-Sabre TCXO. Audiomat Tempo 2.5.
  • Smartphone LG L700, HTC one, Motorola Razer R. Tablette Asus 7 Pouces.

Corrections numériques du local :

  • Mini DSP Digi 8k (filtrage actif et PEQ) avec Room EQ Wizard et Convolver.

Amplifications :

  • Atoll In 100.
  • Atoll In 200.
  • Cambridge Azur 540A.
  • Van Meedervoort Ma260.

Enceintes :

  • Dynaudio Craft.
  • Enceinte DIY, amplification et filtre actif ( Fostex FS21RP, Fostex Fp253, Visaton Rht12S).
  • Harbeth P3ESr.

Casques :

  • Audeze LCD 2.
  • AKG K701.

Qui SMSL les notes, récoltent la musique.

Selah Sue album Reason 16bits 44.1Khz.

ep selah sue reason magnifique album

Le SMSL M8 met tout de suite les pendules à l’heure. Pour son prix, ce DAC aux proportions d’étui à cigarettes propose une transparence et un sens du détail peu communs.

La voix caractéristique de Selah Sue est d’une focalisation au laser mais naturel , la guitare en fond parfaitement lisible. On reste circonspect devant autant de rigueur, le sens du détail que ce DAC prodigue. On devine même les mouvements de tête de la chanteuse par rapport à son micro. C’est assez bluffant.

C’est particulièrement révélateur dans le phrasé des interprètes, le SMSL M8 est un champion de ce point de vue. Le jeu de guitare est retranscrit dans chacune de ses intonations bénéficiant d’un suivi de la partition à la lettre.

Bien sûr tout n’est pas parfait dans ce monde et on devine déjà par rapport à d’autres DAC de même catégorie, une scène sonore plus en avant, moins en profondeur.

En contrepartie, la neutralité est de mise, ce qui peut choquer l’auditeur à la première écoute. Pas de chichis ici ou de mise en avant flatteuse du bas médium.

C’est une écoute « straight » avec une scène sonore moins démonstrative et un peu plus resserrée que d’habitude et focalisée entre les enceintes mais avec une promptitude et une assiduité appuyée qui fera le bonheur des amateurs de casque haut de gamme.

On remarque malgré les deux jours de chauffe en continu, une coquetterie dans le haut médium aigu persistante selon les câbles RCA analogiques employés.

Randy Halberstad album Parallel Tracks

Randy Halberstadt album de jazz

On continue avec le trio de jazzmen et le jeu de piano exceptionnel de Randy Halberstad. Les qualités précitées sont bien présentes là aussi avec un suivi des instruments qui interpelle rarement rencontré pour ne pas dire jamais vu dans cette zone de prix.

Le feeling du trio est là et déconcertant de facilité à suivre. Le niveau de définition est clairement au-dessus de la mêlée et c’est la caractéristique principale de ce DAC qui en a à revendre en terme de résolution et de précision.

Le registre grave qui pourrait paraître maigre par instant est détouré et d’une lisibilité parfaite et peut déstabiliser l’auditeur non habitué à autant de définition dans ce registre.

Le seul défaut que l’on peut attribuer est un léger manque de différenciation dans les hauteurs avec une mise en avant par instant. Un soupçon de stress auditif quand l’orchestre complexifie le message avec un très léger écrasement de la dynamique sur les « forte ».

Mais c’est presque anodin devant les qualité perçues… Et comme on va le voir, il y a une solution radicale éliminant complètement ces quelques défauts.

Ecoute avec l’alimentation SMSL P1 :

A peine branchée la SMSL P1 creuse la différence avec le petit boîtier 9Volts 1 A d’origine.

Le son vient de reculer de trois rangs dans la salle avec une profondeur que l’on n’espérait pas. C’est quasiment holographique sur les Dynaudio et cette superbe définition vient de se transfigurer dans l’instant pour atteindre des sommets en terme de lisibilité du message musical dépassant le cadre habituel de ce que l’on peut attendre d’un DAC de ce prix.

L’aspect insistant sur les cymbales disparaît et se bonifie même après quatre heure de chauffe. La contrebasse de Jeff Johnson vient de prendre une autre dimension. En plus des cordes, le bois fait son apparition avec de la matière sans rentrer dans la caricature.

on ne le répétera jamais assez mais c’est l’alimentation qui fait une très grande partie du son d’un appareil Hifi… Malheureusement, c’est souvent le parent pauvre dans une conception finale…

Hans Zimmer pirates des Caraïbes (Mermaids) 16 Bits 44.1Khz.

mermaids Hanz Zimmer

Sur le superbe thème « Mermaids » du prolifique Hans Zimmer, le chant des cœurs est particulièrement bien retranscrit en fond sonore avec une dynamique bien étagée et une lisibilité de premier plan.

On regrette juste un peu que le mixage cinémascope habituel de ce type de morceau soit un peu moins prononcé que d’habitude avec une tendance à réduire la scène sonore.

Une foultitude de détails apparaît par rapport aux autres références que nous connaissons à ce prix

Le Cambridge Dac MAgic 100 fait mieux sur le terrain de la profondeur sonore au détriment de la définition et surtout de la précision qui est très supérieure sur le SMSL M8.

L’Atoll DAC 100 ancienne génération est en retrait en terme de définition par rapport aux deux autres protagonistes mais se sauve avec une dynamique mieux étagée avec plus de poids sur les notes.

Sur l’alimentation SMSL P1 :

Comme sur le trio de jazz, la scène sonore bénéficie d’une aisance sans aucune mesure avec l’alimentation externe P1.

C’est particulièrement éloquent sur ce thème de cinéma. Nous voilà dans une toute autre dimension avec un recul de la distorsion dans le médium aigu évident et une beauté de timbre qui semble surgir de nulle part. L’air circule entre les pupitres et l’ampleur est incontestablement supérieure sur la masse orchestrale.

La partie grave est devenue abyssale avec une multitude de détails bénéficiant au côté envoûtant du chant des sirènes. Le retour en arrière à l’alimentation d’origine est presque choquant, voire insupportable sur notre système actif.

Jimi Hendrix, album Electric Ladyland, transfert vinyl 24 Bits 96Khz. (sur VPI Scout)

Jimi_Hendrix_-_Electric_Ladyland

Devant autant de qualités de lisibilités et de définition, on ressort les références mythiques et quoi de mieux qu’un bon vieux « Voodoo Chile » numérisé par mes soins pour voir si le ramage vaut le plumage.

D’habitude inécoutable sur nombre de systèmes, ici le SMSL M8+ alimentation P1 fait un miracle. Les riffs assassins du dieu de la guitare, tel un aigle vous survolent de sa puissance majestueuse.

Le légendaire trio nous donne une leçon et chaque inflexion, chaque note est retranscrite dans son intégrité.

L’orgue est violent sans rentrer pour autant dans l’agression typique de ce morceau de référence.

La batterie est là aucunement masquée par la guitare de Hendrix et la guitare basse. C’est un vrai bonheur de pouvoir écouter un morceau qui a souffert des affres du temps et pourtant si envoûtant.

L’ensemble SMSL M8 plus alimentation P1 permet grâce à sa définition de haut niveau d’écouter des musiques que l’on pensait perdues au fin fond de sa médiathèque. « Voodoo Chile » vient de gagner 20 ans et on en redemande !

Sans l’alimentation SMSL P1 :

La descente est rude sans l’alimentation régulée. La scène sonore devient maigre, en deçà même du Cambridge DACmagic 100. Pourtant la rigueur et la focalisation restent au détriment d’un placement ayant perdu en naturel et en espace.

Néanmoins, ce DAC persiste avec une excellente définition qui fait défaut à ses concurrents. Le plus évident est la perte de lisibilité et la taille de la batterie moins probante.

Sans l’alimentation P1 point de salut, le médium aigu perd en timbre et en différenciation harmonique, la scène sonore se réduisant fortement.

Il reste malgré tout un choix pertinent pour 250 Euros sans la SMSL P1 en comparaison de DAC équivalents mais pas sur tous les critères.

Sting, album Lethal Weapon morceau it's probably me.

Album sting lethal weapon 3

Sur le logiciel Daphile, on atteint des sommets de définition liée à un timbre subtil, un message dénué d’embonpoints et de colorations néfastes. C’est assez troublant au départ d’avoir un tel niveau de lecture sur un DAC et son alimentation séparée pour 380 Euros.

Une foule de détails participe au résultat musical traduisant le jeu à la guitare sèche de Eric Clapton avec une véracité accrue. Je ne parle même pas de la partie électrique sur la Fender Stratocaster du maître, juste jouissif…

Il ne s’agit pas d’instruments jouant séparément et mis en lumière par un artifice d’aigu montant ou de médium en avant.

C’est d’une neutralité exemplaire, d’un rapport dynamique des plus justes servi par une cohérence de studio d’enregistrement.

Les effets de tête d’allumette grattée sur sa boîte sont tout simplement parmi les plus réalistes que l’on ait pu entendre sur un DAC. La guitare basse est idéalement détourée doublée du pied de batterie discernable à tout instant.

C’est carré, rigoureux sans oublier la musique au passage. Il y a un effet « direct to tape » des plus séduisant.

Musique classique

Mozart Josef Krips

Etant donné que mes principales écoutes se font exclusivement sur de la musique classique, j’ai préféré vous faire une sélection utile évitant de vous faire subir une liste interminable de constatation par album. Le compte rendu concerne le SMSL M8 et la SMSL P1 ensemble.

Horowitz :

Sur Horowitz pour lequel j’ai une dévotion absolue avec le fameux « Traumeurei » de Robert Schumann, la délicatesse infinie du maître dépasse les espérances.

Les notes sont jouées dans leur intégrité de la fondamentale aux harmoniques soutenues et longues profitant de la beauté de l’ensemble.

Enfin un DAC abordable qui rend justice au plus grand pianiste de tous les temps. Il y a juste par instant un petit défaut de brillance qui ne nuit pas à l’ensemble.

Andréa Staier au clavecin :

Le résultat sur les diverses interprétations de Staeir passent ici comme une lettre à la poste profitant même des harmoniques se répercutant dans la salle.

La rigueur dynamique et la définition de ce DAC profitent notamment à lecture mathématique subtile de J.S Bach servie à merveille. Pas ou peu de brillance néfaste, un jeu en profondeur et inscrit dans l’espace pour un suivi sans faille soulignant chaque note sans flagornerie, dans un tout cohérent juste et très efficace.

Phillip Glass :

Sur les œuvres pour violons, la forme concertante si typique du compositeur contemporain passe ici à merveille avec un équilibre enivrant.

La partie violoncelle n’est pas départie de celle des violons alto formant un ensemble construit et non incohérent comme c’est malheureusement trop souvent le cas. Ici la lecture de la partition et l’exactitude a prit le pas sur la flatterie électronique.

Ce DAC a une capacité à retranscrire une forme de véracité assez bluffante au final à proportion du prix bien-sûr. Mais c’est du jamais vu à ma connaissance pour moins de 400 Euros avec l’option d’alimentation P1.

Mozart, la Flûte, la 21è, Les Noces, et sonates pour piano :

La 21è symphonie du Concertgebow orchestra passe là aussi divinement dans sa complexité rythmique entre un équilibre d’espace sonore et d’envolée rythmique à la juste mesure de cette oeuvre magistrale.

Sur La Flûte Enchantée, le fameux passage de la reine de la nuit est inscrit dans la scène sonore, installant avec sérénité l’un des plus beaux chants de l’histoire de l’opéra.

Le SMSL M8 et sa profondeur d’analyse permet de passer l’ensemble avec l’émotion nécessaire réussissant le tour de force de marier définition et lyrisme rendant justice au label de l’Oiseau Lyre.

Il en va de même pour les œuvres de piano que je possède avec Alfred Brendel notamment, Clara Haskil et Istvan Kertesz.

La fluidité est là sans artifice, ça coule de source tout en apportant la capacité d’information nécessaire sans être froid ou analytique et désincarné. Un juste milieu très appréciable permettant de naviguer entre plusieurs œuvres et d’en tirer un véritable plaisir renouvelé à chaque lecture.

Conclusions

J’écoute à longueur de temps des appareils tarifiés à des sommets qui sont loin de mériter le nombre de zéro qu’ils affichent en terme de tarif.

Sans l’alimentation SMSL P1 on a un DAC de très bonne qualité offrant une définition hors norme pour 250 Euros en moyenne. La concurrence se prend une véritable volée de bois vert sur ce point là.

Il n’est pourtant pas exempt de défaut à ce prix avec une scène sonore manquant légèrement de profondeur. On aimerait plus de corps charnels, d’amplitudes pour décrocher tous les suffrages.

Sans compter un aigu parfois insistant sur les envolées rythmiques complexes trahissant une alimentation qui n’est pas en rapport de la qualité de l’électronique interne. Dans cette zone de prix, c’est malheureusement le cas de quasiment tous les mini DAC USB. Au final le SMSL M8 sans l’alimentation P1 a les qualités de ses défauts. A cause de sa définition de haute volée, il montrera les défauts du transformateur fourni d’origine.

Avec l’alimentation en option SMSL P1 ce DAC se métamorphose littéralement en machine à décortiquer la musique pour vous atteindre au plus profond de votre être. Il amènera une dose phénoménale d’informations dans un équilibre tonal au cordeau et une scène sonore holographique venant un peu mordre sur les terres du matériel High end inaccessible.

A 380 Euros l’ensemble, ce DAC avec alimentation en option est capable de chercher très loin dans les fichiers numériques pour sortir la musique que l’on croyait disparue de disques ou albums que l’on pensait médiocres. La micro dynamique et la profondeur d’analyse dont il est capable est justement l’apanage d’appareils normalement bien plus haut de gamme.

Au final on peut dire que le couple SMSL M8 et P1 vous fait franchir la véritable porte de la haute fidélité. Sans atteindre l’exception d’un DAC Gryphon Kalliopee et son image sonore palpable, la capacité dynamique musicale exceptionnelle d’un Totaldac ou encore la capacité d’analyse sur fichier DSD d’un PS Audio DirectStream, le lilliputien SMSL M8 a un petit quelque chose en commun avec ces superbes machines. Il n’est pas dans la caricature avec une courbe flatteuse pour être vendu en dix minutes cachant un manque de définition.

Sans atteindre le niveau de lecture des références précitées, il fournira la dose nécessaire d’information réelle sans artifice mensonger qui donne justice à la musique. Et c’est ça la véritable haute fidélité … Au prix proposé avec son alimentation en option, voici le plus sérieux des concurrents en dessous des 400 Euros.

Je remercie une fois de plus, Audiophonics et toute l’équipe, distributeur des produits SMSL en France :

http://www.audiophonics.fr/fr/appareils-hifi-dac/smsl-m8-dac-usb-es9018k2m-32bit-384khz-dsd-xmos-p-9723.html

SMSL M8, champion des mini DAC. Richard

SMSL M8 250 Euros et SMSL p1 130 Euros en moyenne

Qualité de fabrication perçue
Définition
Dynamique
Cohérence/ beauté des timbres
Précision
Facilité d'utilisation

Conclusion: Un ensemble DAC et alimentation séparée redoutable de par sa définition et l'aisance de sa scène sonore. Hautement recommandé.

4


Pour :

  • Une définition hors norme avec l’alimentation en option P1.
  • Une entrée USB très performante.
  • Une finition aluminium bienvenue.
  • le mini CD fournit avec les drivers ASIO.
  • Le nombre de filtres numérique au grand complet.
  • La neutralité allié à une précision rigoureuse de l’image sonore.

Contre :

  • Une transparence pouvant desservir une chaîne Hifi mal conçue.
  • Pointilleux avec les câbles en amont et en aval.
  • la compatibilité OTG smartphone aléatoire.
  • Pas de lecture des DSD en 512.
  • Un manque de profondeur et de consistance sans la SMSL P1.
  • Un aigu parfois insistant sans la SMSL P1
  • Demande son alimentation externe P1 en option pour atteindre son apogée.


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6 Responses to SMSL M8, champion des mini DAC.

  1. Toin says:

    Et bien c’est encourageant, pour ma part j’attends toujours la livraison !

    Il semblerait que l’alimentation soit une option indispensable !
    Qu’en est-il de la qualité de la P1, pensez-vous qu’une simple alimentation linéaire 2x moins chère (du genre http://www.ebay.fr/itm/Hifi-linear-power-DC-1-USB-amp-DAC-external-power-supply-with-digital-display-SN-/191089735607?pt=LH_DefaultDomain_71&hash=item2c7dd5f7b7) arriverait-elle à faire le même job ?
    Ou vaudrait-il mieux « jouer la sécurité » et prendre la P1 ?….et devoir acheter autre chose pour occuper son 2ème rail d’alimentation :)

    Sinon au niveau de la mise sous tension vous coupez directement l’alimentation P1 ou vous passez tout de même par le bouton du M8 ? Je pense éventuellement utiliser une prise télécommandé.

    Je deviens impatient de tester ce dac !

    • Richard says:

      Bonjour toin,
      désolé de ne pas avoir répondu avant. Je pense que cette alimentation pourrait faire l’affaire mais vu la petite différence de prix, il me parait judicieux d’utiliser la SMSL P1 conçu pour fonctionner idéalement avec le SMSL M8. D’autant que je suspecte la SMSL P1 de fonctionner avec des régulateurs en classe A. je la démonterais pour en avoir le cœur net.

  2. IRoN says:

    Je serais curieux également de savoir ce qu’il se cache dans les entrailles de cette alimentation….

  3. Franck .T says:

    Salut, j’ai craqué sur le M8+P1 en partie suite à votre test , je trouve que l’alim P1 chauffe pas mal ! Avez vous constaté le même phénomène ?

    • Richard says:

      L’alimentation du SMSL P1 chauffe un peu chez nous aussi mais rien de bien alarmant. On peut aisément mettre la main dessus. En un mois d’utilisation, rien à signaler. Par contre j’ai mis l’alimentation plus loin en achetant un câble plus long éloignant le SMSL M8. Ça me semble logique de mettre une distance appréciable entre l’alimentation séparée qui doit rayonner au niveau magnétique entre autre.

Les commentaires sont fermés

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