naim dac-v1 test

Publié le 28 janvier 2015 à 18 h 55 min | par Richard

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Test du convertisseur DAC V1 de chez Naim.

Il y a bien longtemps mais pas si loin…

Naim est loin d’être un débutant dans le monde numérique. C’est un véritable précurseur du lecteur CD musical dans les années 90 avec une longue lignée d’appareils du CD1,Cd3 au légendaire CDi. Pendant que d’autres s’acharnaient sur des préoccupations technologiques parfois futiles, Naim a peaufiné des choix pragmatiques avec le fameux DAC 16 bits Philips TDA1541. Un lecteur CD Naim, c’est avant tout une belle alimentation surdimensionnée, des OPA 604 en sortie sur condensateur tantale et styroflex, des choix logiques, une qualité de fabrication hors norme et cette finition quasiment spartiate aux arêtes bien droites et pourtant non dénuée d’un classicisme chic.

Le Naim DAC V1 est le digne descendant de cet esprit pragmatique dont le seul et unique but est de faire de la musique. Cependant petite révolution au sein de la marque anglaise qui adopte des technologies d’habitude réservées à des produits plus ésotériques et intellectualisées. Le Naim Dac V1 comporte donc des solutions venues d’un passé glorieux en apportant des idées novatrices qui pourraient bien en faire un véritable best-seller. Retour aux sources pour Naim avec des boîtiers plus profonds que larges, mêlant innovation technologique et savoir faire traditionnel.

Test d’un DAC équipé d’une entrée USB de compétition pour une fois égale à l’entrée SPDIF et armée d’une pré-amplification numérique analogique de course.

Petit tour de propriétaire.

Le Naim DAC V1 est un convertisseur tout terrain. Armé d’une partie pré-amplificatrice de qualité et d’une sortie casque. Vous voilà paré à toute situation. Si le besoin se fait sentir, il existe un amplificateur de puissance dédié au DAC V1. Le NAP 100 est un ampli de même proportion que le DAC de 2 x 50 Watts avec tout le savoir faire de Naim. Avec une paire de Harbeth P3ESR ou de Spendor S25r2, vous voilà en possession sans conteste de la « meilleure mini chaîne du marché ».

naim-dac-v1-connectique

 

L’amplificateur Nap 100, le compagnon du Naim DAC V1.

Naim nap100_1

Restez branché !

La majeure partie des entrées actuelles sont présentes de l’USB asynchrone à l’entrée SPDIF en format pro BNC 75 Ohms ou RCA traditionnelle jusqu’au Toslink. On dispose donc de 6 entrées numériques. De quoi largement satisfaire le mélomane dématérialisé. Naim ne trahit pas son passé prestigieux et l’on retrouve la fameuse connectique DIN, 5 broches permettant de relier les autres appareils de la marque. Heureusement, on dispose aussi des sorties RCA stéréo lambda, 21è siècle oblige.

Cliquez sur la photo pour la haute résolution.

Naim dacv1 connectique

Petite attention pertinente, l’appareil dispose d’un bouton de mise à la terre permettant d’être en masse flottante ou non. Cette option intégrée a un grand intérêt selon le comportement de votre courant secteur. Après moult essais, dans notre configuration, la mise à la terre s’est avérée indispensable. En position terre flottante nous avons remarqué un médium aigu plus insistant.

Avec mise à la terre, nous avons gagné en propreté du signal, avec un médium aigu fluide et non persistant ainsi qu’une meilleure précision de l’image stéréo. A prendre en compte impérativement avant de donner un avis sur la bête.

Une entrée numérique USB très évoluée.

En inspectant l’appareil on ne peut faire l’impasse sur l’entrée USB. Naim a fait appel à Audiophileo, chef de file des adaptateurs USB SPDIF. La marque d’origine asiatique possède un énorme savoir en la matière. L’Audiophileo One avec son option Purepower est reconnu comme l’arme ultime des adaptateurs USB pour les amateurs passionnés de dématérialisés. Naim a donc opté pour une valeur sûre, extérieure à son domaine d’activité plus concentré dans le monde de l’analogique.

Audiophilleo1 best interface USB SPDIF

On en salive d’avance. C’est un peu comme si Mercedes et Ferrari avaient fusionné pour produire une auto GT exceptionnelle. Le cœur de l’Audiophileo est un processeur Atmel entièrement configuré relié à un processeur Analog plus classique chargé des horloges multiples de 44.1Khz et 48Khz. On retrouve donc cette technologie dans le DAC V1 mais aussi dans le superbe haut de gamme Naim DAC Classics armé de BB PCM1704.

Pour info, l’Audiophileo d’après son site internet fait un jitter infinitésimal de 2.6 Pico secondes, un record !

http://www.audiophilleo.com/

Naim a confié la conversion au classique TI PCM 1791, un choix de sagesse et maîtrisé depuis de longues années. On aurait peut être aimé un peu plus récent et en 32 Bits. Malgré tout l’appareil est bien compatible DSD jusqu’en 24 Bits 384 Khz.

Rester discret !

La partie conversion courant tension est là aussi très classique issue des recettes du passé inspirée du prestigieux Naim CD3 et CDS. Avec un sempiternel OPA604 BB connu pour sa sonorité « darkside » mélodique à souhait, Naim ne déroge pas à ses fondements. La sortie analogique est signée Naim, entièrement en transistor discret bipolaire, une armée de condensateurs Styroflex peuple l’appareil. Du très beau travail.

Il en va de même pour la partie casque entièrement en transistor polarisé en classe A, elle aussi. De la part d’un des plus grands faiseurs de l’amplification Hifi, on n’attendait pas moins. L’alimentation d’origine Novatem prend au bas mot la moitié de l’appareil avec de classiques régulateurs Linear technology de la famille LM XXX. Des solutions éprouvées avec une section de filtrage conséquente dotée de condensateurs de marque Kemet (30000 mF sous 25V) bien connue des « hifistes » anglais que l’on retrouve aussi dans de vielles productions chez Creek et Cambridge notamment.

Jitter, dis moi qui est le plus beau ?

L’afficheur du Naim DAC reprend donc en grande partie la logistique des interfaces Audiophileo avec mesure du jitter à l’appui avec des fichiers audio téléchargeables sur le site de Naim. Peu d’appareils sont capables d’une telle option encore moins à ce prix. Une fois de plus Naim innove là où d’autres piétinent et s’obstinent dans d’obscures solutions.

usb no error naim

En insérant les fichiers audio en lecture sur votre player préféré, Foobar et consorts, vous aurez le nombre d’échantillons exacts et le taux d’erreurs du buffer de l’appareil. This is a revolution ! Autre point, on peut mettre à jour le firmware du DAC V1. Naim a pensé à tout !

naim-audiophileo

 

 

Un mode d’emploi, un vrai !

Mention spéciale pour la marque au logo vert et chapeau bas. Le mode d’emploi téléchargeable entièrement en français sur le site de Naim est un modèle du genre expliquant à la perfection les diverses étapes d’installation sous Windows et Mac Os X. De plus, vous aurez six fichiers PDF en anglais pour parfaire l’installation sous Amarra, Jplay, Jriver, Pure music, Foobar ou encore Aurdivana.

Bref, chez Naim on aime ses clients et d’autres devraient fortement s’en inspirer ! Une vraie leçon de savoir vivre.

manuel naim

 

This is my Naim.

Matériels utilisés pour ce test.

dynaudio craft
  • Casques : Audeze LCD2, AKG k701, Grado SR80i.
  • Amplifications : Atoll In200Se, Sugden A21, Atoll in 100, Cambridge Azur 540A.
  • Enceintes : Dynaudio Craft, Enceinte monitor DIY haut rendement.
  • Convertisseurs : Rega DAC, Audiophonics Es9018, M2Tech USB DAC, Audiomat tempo 2.5.
  • Câbles : Audioquest Diamond, Taralabs série 500 et 1000, Supra USB + USB DIY et modulation DIY.
  • Sources dématérialisées : Daphile, Squeeze Player Pi, Foobar.
  • Interfaces : Audiophonics XMOS 384, M2Tech HifaceV2.
  • Traitement secteur multiprise BADA LB5600.

Musique Maestro !

J.S BACH Brandenburg concertos 1 à 6, ensemble à cordes, Le Jardin Harmonieux (Il giardino harmonico) 16 bits 44.1KHZ,

JS BACH concertos Branbourgois

Une fois n’est pas coutume, on commence avec du classique. Le Naim DAC V1 montre tout de suite sa signature sonore. Le son est d’une fluidité exceptionnelle dans cette gamme de prix. Un son dans le jargon audiophile que l’on pourrait considérer de « liquid laidback » rempli de subtilités n’oubliant pas pourtant la signature dynamique typiquement Naim.

Un sacré tour de force de la part du constructeur anglais à qui l’on reprochait injustement dans la passé une certaine insistance dans le haut du spectre.

Le suivi et la tessiture des violons frôlent la perfection avec un sentiment d’espace qui d’habitude est dans des sphères de matériels à quadruple zéro après la virgule.

Le nombre d’informations au sens propre est dans la moyenne actuelle des convertisseurs d’aujourd’hui et nous rappelle que l’on a affaire à un convertisseur à 1600 Euros en moyenne. Mais l’aération et l’aisance à l’écoute est bien plus haut de gamme.

Le traitement de course de la section numérique de l’appareil n’est peut être pas innocent sur ce point.

L’exploration et l’articulation dans le grave sont l’apanage de ce DAC avec une foultitude d’informations musicales et un médium aigu plus dans la norme sans pour autant être éteint ou en arrière.

On reconnaît bien le raffinement sonore et la réputation des chips de conversion BB TI PCM17XX.

L’entrée USB s’avère particulièrement performante dans notre configuration et même supérieure à nos interfaces Audiophonics et M2Tech.

Pour finir, l’aigu démontre une belle palette harmonique s’intégrant bien dans le message musical plus dans la subtilité que la démonstration futile. C’est agréable et loin des DAC démonstratifs et si peu musicaux au final.

Georges Duke album Face the music version 16 bits 44.1KHZ

George Duke face the music

Dire que le Naim DAC V1 est taillé pour ce genre musical n’est pas un euphémisme. Les cymbales de la batterie ont un timbre ensorcelant. Ça groove grave avec un foot tapping sorti d’une boîte à malices.

Le DAC V1 est un parfait équilibre entre dynamique, subtilité infime et espace sonore permettant de ne pas privilégier tel ou tel registre. Un juste milieu permettant d’écouter des heures de musique sans fatigue auditive et rendant enfin grâce à vos tweeters payés des fortunes.

Sur les tweeters T330D Esotar de nos Dynaudio, le V1 fait merveille avec une palette dans le médium aigu large et montrant nombre de couleurs. On est loin des aigus monochromatiques de certaines productions industrielles modernes cherchant les chiffres après la virgule et pourtant simplifiant le message auditif.

Bienvenue dans le monde de la Hifi, la vraie !

Colette Magny, album Chansons pour Titinne. 16 Bits 44.1KHZ.

colette magny

L’énergie déployée de Colette Magny sur le dramatique Strange Fruit passe comme une lettre à la poste.

C’est puissant, retranscrivant cette tessiture vocale si particulière à vous en donner des frissons. Seul le Ps audio Nuwave partageant quelques affinités avec le Naim DAC V1 nous avait autant séduit sur ce point. Les deux protagonistes ont cela en commun.

On peut passer de la colère rythmique au moment le plus subtil en un clin d’œil avec une capacité de transmission de l’émotion musicale presque palpable.

Mais le Naim va plus loin, amenant une aisance, un aspect liquide encore mieux retranscrit et une image sonore d’une profondeur abyssale qui fera la joie des amateurs de musique d’église et baroque.

Test sur musique haute définition.

XMOS_USB_DSD_1

Avoir une entrée USB aussi performante et ne pas écouter des morceaux de haute définition sur le Naim DAC V1 aurait été un sacrilège.

Que ce soit sur Sara K en 24 bits 96 khz ou divers morceaux de jazz en DXD 24 bits 384Khz et DSD over PCM, ce Naim démontre une aptitude innée pour retranscrire parfaitement les fichiers dématérialisés.

Le retour sur les versions 16 bits 44.1khz de Sara K « downscalé » ou encore du dernier Selah Sue acheté chez Qobuz dans les deux versions font mal.

Ce DAC Naim équipé en 24 Bits 192 khz mais capable de décoder du 24 Bits 384 khz démontre à quel point il est supérieur sur ce point.

Le V1 creuse la différence avec un simple Chips de conversion PCm1791 et une section USB de course. Une vraie leçon de maîtrise technologique.

On passe avec délectation sur Daphile ou Foobar d’un fichier à un autre avec un plaisir évident. Pour une fois l’écart entre la version HD et PCM standard en 24 Bits prend tout son sens.

Un appareil à privilégier si votre médiathèque comporte quelques morceaux de qualité native en 24 Bits.

Ecoute au casque

audeze-lcd-2

Que ce soit sur notre Audeze LCD2 ou notre casque AKG K701, la partie dédiée démontre les mêmes qualités que sur la sortie principale de ce DAC surdoué. Le maître mot est limpidité, précision de l’image mêlée de naturel et respiration des instruments.

Beaucoup d’aisance et un certain raffinement permettant l’écoute par exemple d’opéras et longues pièces musicales pendant les nuits blanches.

Seul point à respecter, cette sortie casque est plutôt tatillonne envers les modèles à basse impédance. Autant sur l’Audeze tout s’est très bien passé autant sur l’AKG K701 un léger manque de vie s’est fait sentir.

A prendre en considération selon le casque que vous choisissez. Bien évidemment un amplificateur dédié avec son casque haut de gamme reste un choix supérieur quand on navigue dans des sphères plus exigeantes.

Mais au prix proposé, cette sortie casque s’avérera excellente pour une écoute attentive pour un casque allant de 150 à 500 Euros par exemple.

Conclusions

Beaucoup de chemin est parcouru depuis le Naim CDS 1 des années 90. La marque anglaise progresse pas à pas dont le bénéficiaire est incontestablement l’auditeur. Le V1 est aussi à l’aise à l’écoute au casque avec de belles aptitudes que sur une chaîne Hifi traditionnelle. La partie pré-amplification n’amène pas de frustration particulière et démontre même des qualités évidentes en attente d’un modèle plus évolué dans sa chaîne Hifi.

Cela permettra d’évoluer par exemple en terme de budget et d’écoute en sortie variable bénéficiant de la très bonne image stéréo de ce surdoué musical. En sortie fixe, l’appareil dévoile des qualités d’habitude antinomique avec une dynamique exacerbée et pourtant une promptitude évidente à la douceur nécessaire pour de la musique classique par exemple. Un DAC multi-facette et non sectaire avec une large palette sonore capable de retranscrire tous styles musicaux du plus déchaîné hard rock Manoware au plus intime menuet de Mozart avec un plaisir jouissif.

La partie USB n’est pas pour une fois une connectique au rabais et les diverses options intégrées font du Naim DAC V1 une machine de premier choix pour l’écoute dématérialisée.

A écouter impérativement avant tout achat d’un DAC dans cette zone de prix.

Test du convertisseur DAC V1 de chez Naim. Richard

Naim DAC V1 1650 Euros en moyenne

Qualité de fabrication perçue
Définition
Dynamique
Cohérence/ beauté des timbres
Précision
Facilité d'utilisation

Conclusion: Un DAC bien pensé, ouvert sur les fichiers HD avec un son ensorcelant et terriblement musical. L'un des meilleurs DAC dans sa zone de prix. A mettre sur sa liste d'achat avant toute décision.

4.1


Pour :

  • Aptitude sonore en HD.
  • Fabrication Naim !
  • Mode d’emploi à télécharger en français et limpide !
  • Un son laidback pourtant dynamique et enchanteur.
  • L’entrée USB de compétition.
  • Le commutateur de mise à la terre ou non.

Contre :

  • Très sensible à la phase secteur !
  • Ecran un poil petit.


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5 Responses to Test du convertisseur DAC V1 de chez Naim.

  1. humasetu says:

    Bonsoir,

    Super article dans cette gamme, vous avez le nouveau Burson Conductor Virtuoso qui remplace l’excellentissime Burson Conductor (j’en ai 2 chez moi PC et Salon) http://www.6moons.com/audioreviews/burson10/1.html

    Un test sur cet Ampli Pre Dac devrait intéressé par mal de monde, pour les amoureux de l’écoute au casque et tout les autres cherchant un bon DAC pour compléter une installation Hi-Fi.

    Merci à vous !!!!

  2. Simon angers says:

    Bonjour,est ce mieux brancher sur la sortie din ou analogue?

    • Richard says:

      La réponse est d’une simplicité confondante. Si vous possédez un autre appareil Naim, ce sera sur DIN de préférence. Si c’est sur un appareil de marque différente sur Cinch.

Les commentaires sont fermés

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