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Publié le 26 février 2015 à 19 h 18 min | par Richard

NAD C326Bee versus NAD C316Bee.

On ne présente plus la longue lignée des NAD BEE. Depuis le mythique NAD 3020 I, le chemin du constructeur New Acoustic Dimension est constellé d’amplificateurs à la réputation enviable, aux rapports qualités prix imbattables.

Symbole de cette réussite, le NAD C326 BEE est l’amplificateur en dessous de 500 Euros réputé pour être le standard du marché, au même titre que la Polo de VW sur le marché automobile par analogie.

Pourtant chez NAD le petit frère C316 reprenant l’ADN du grand frère n’est pas sans qualité loin de là. Il possède une électronique à composants discrets relativement proche de son aîné laquelle fait le succès du constructeur aux façades noires épurées.

Le « petit » NAD C316 est souvent considéré comme le premier prix le plus intéressant sur le marché avec le Marantz PM 5005. Comparons donc sur le terrain si l’écart de prix entre ces deux champions de l’amplification abordable est justifié et quelles sont les différences techniques.

Tel le Highlander écossais, il ne peut en rester qu’un !

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The eye of the tiger.

Du point de vue visuel, l’affiliation est aussi évidente que les différences sont marquées, effet de gamme oblige. Le NAD C326 Bee offre de belles proportions pour ses 500 Euros en moyenne et 7 Kilos sur la balance. Le petit NAD C316 diffère par sa taille plus affinée mais disposant lui aussi des principaux attributs de son grand frère et du gros bouton de volume.

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La question est de facto évidente. Seulement 10 Watts par canal séparent ces deux amplificateurs et 1.5 kilos d’écart. Où sont donc les 150 Euros d’écart en moyenne constatés ? Sur une seconde lecture on s’aperçoit de quelques différences techniques plutôt pertinentes en faveur du C326 BEE.

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Si le NAD C316 offre un choix réfléchi en connectique pour un prix attractif, le C326 offre pléthore de possibilités pour à peine plus chères. Les sorties Pré out, Sub out et Main in permettront au C326 de correspondre à tous les cas de figures ou presque. De ce point de vue, le petit C316 Bee offrant malgré tout une gestion du tape in tape out est dépourvu de ses options.

Une tape in tape out en 2015 ?

On est frappé d’emblée en 2015 de voir encore des boucles de monitoring cassette à l’ère du numérique. Est-ce un mimétisme du temps passé ou simplement un argument marketing quelque peu désuet ? Avez vous encore dans une cave un lecteur double cassette en état de marche et jeté votre source dématérialisée bit-perfect ?

Une fonction Bypass pilotable par télécommande en lieu et place serait bien plus pertinente aujourd’hui pour inclure les amplificateurs NAD C326 ou le C316 dans une chaîne home cinéma. D’autant que le C326 a une gestion de mise sous tension de type « trigger », utile dans le cadre d’une utilisation home cinéma et domotique, dépourvue sur le C316…

Vinyle or not ?

Sachez que les entrées dénommées « disc » ne comportent pas d’étages phono et sont de simples étages ligne qu’il faudra donc rajouter en option dans le budget . Les boîtiers NAD PP2 MM/MC de la marque sont d’ailleurs reconnus pour leur efficacité sur le sujet.

NAD-PP2e

Borniers mais pas aveugles.

D’aspect, ces borniers sont relativement proches. Sur le terrain il en va tout autrement en terme de manipulation. Là aussi, le C326 est un poil plus agréable en terme d’utilisation et procure un serrage plus facile. Petit coup de gueule au passage, remercions une fois de plus l’Europe bruxelloise et ses manies de vouloir tout gérer.

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connectique-nad

Il est d’une difficulté rare de pouvoir enlever les caches protections afin d’insérer des bananes pour câbles haut parleurs dans ces deux amplificateurs. Il faudra s’armer de patience et d’un petit tournevis fin et plat par exemple.

A partir de là vous devrez vous muter en bonze à la sagesse infinie et d’une dextérité d’horloger suisse. Malheureusement, ceci est valable pour nombres de produits à l’heure actuelle sur le marché… A se demander si un euro député installe chez lui du matériel Hifi..

Quand à l’argument de protection sécuritaire, je pense que les personnes ayant confondu les borniers hauts parleurs pour des prises électriques devraient passer obligatoirement le permis de port d’arme pour devoir utiliser une fourchette ou une cuillère chaque jour…

Petite critique là encore, le NAD C316 sans doute pour des raisons de coup budgétaire compréhensible, possède un câble secteur prisonnier. Rien de bien rebutant, ce câble par contre étant plutôt court, il faudra rapprocher la multiprise électrique.

Configurations d'écoutes :

Liste de matériels pour ce test.

Dali-zenzor-1

Sources :

NAD-C-series-cambridge

Cambridge Azur 651 C, YBA Heritage CD100, Daphile+PC sur Asus ST+ M2Tech HifaceDAC. DAC Audiomat Maestro 1.

Enceintes :

Dali-Zenzor-5

Dali Zenzor 5 et Zenzor 1, Acoustic Energy 305, Athom GT1.

Câbles :

Supra Classic 4.0, Van den Hull Clearwater, Actinote. Chord Câble Cobra VEE 3.

WELCOME TO FIGHT !

Lalo Schiffrin album : Bullit B.O CD 16bits 44.1Khz.

bullit

Ce vieux morceau bien connu des aficionados des B.O de films est d’une redoutable efficacité pour tester la résolution d’un système. Que ce soit sur le C316 Bee et le C326 Bee selon les enceintes utilisées, on reconnaît immédiatement la signature sonore de NAD sur ces deux amplificateurs.

Le son est plutôt chaud, sur des bases solides, mélodique à souhait et relativement dynamique en regard du prix. On est surpris d’ailleurs par instant de l’acuité du petit C316 par rapport à son grand frère se demandant si le benjamin n’offrirait pas un suivi de lecture supérieure à son aîné.

Mais une fois le temps pris et un nombre conséquent de morceaux, le C326 Bee creuse l’écart dès que l’on passe sur des enceintes de plus grands gabarits. L’apport d’une amplification supérieure montre malgré tout une meilleure tenue de l’ensemble dans le grave et un sentiment de facilité un peu en retrait sur le C316 qui a tendance à projeter légèrement le son.

Le suivi mélodique reste très proche entre les deux appareils et peut s’avérer à l’avantage du petit NAD sur des enceintes de petits gabarits avec hauts parleurs de 13 cm sous 8 ohms. Au-delà le C326 Bee reprend semble-t’il l’avantage.

Première constatation, l’élève C316 est tout aussi assidu que le maître C326 dans le médium aigu se payant même le luxe d’être un poil plus vivant par instant que son aîné.

The Eagles : album Hell Freezes Over, 16 bits 44.1Khz.

eagles hell freezes over

Poussons dans ses derniers retranchements les deux protagonistes, rien ne vaut « Hotel California » version concert acoustique.

La fameuse percussion en introduction paraît plus nette par instant sur le C316 mais au détriment de sa prolongation sur le C326, creusant l’écart sur ce morceau.

Au final, sur les petites enceintes bibliothèques Dali Zenzor 1, le C326 apporte un peu plus de douceur par rapport au C316 qui pour autant n’en démord pas en terme de suivi musical.

Il faudra en conclusion brancher les Dali Zensor 5 pour marquer les différences entres ces deux références du marché.

L’affiliation familiale sonore est proche de toute évidence. Passer d’une électronique à l’autre n’apporte pas de grande frustration.

Les guitares dans un cas comme dans l’autre sont bien lisibles mêmes si l’on n’atteint pas la précision d’un intégré haut de gamme dans les deux cas de figures.

L’essentiel est là, privilégiant la vie musicale peut être au détriment d’une transparence accrue. A respectivement 350 et 500 Euros, on peut comprendre ce type de compromis.

Le C316 marque quelques points en terme de suivi mais perd de la profondeur par rapport à son grand frère sur des enceintes un peu plus exigeantes.

Il semblerait sans rentrer dans des conclusions hâtives que le C326 soit plus à l’aise sur des impédances plus basses que le C316.

Ce test confirme les premières impressions. Le C326 est légèrement plus ample à l’écoute ce qui pourrait être traduit par un manque de feeling mais s’avère plus universel que le C316 possédant une écoute plus vive plus en avant plus « headroom ».

Otis Spann album : Is this the blues ? 16 bits 44.1Khz.

Otis Span this is the blues

Sur ce morceau d’anthologie du blues, Otis Spann démontre son pouvoir de séduction pianistique immense. Le NAD C326 contrôle légèrement mieux la situation que son petit frère apportant malgré tout une sensation de suivi au détriment de subtilités plus présentes sur le modèle supérieur après une écoute plus attentive.

Cet éclairage du petit NAD dans le médium aigu se fait légèrement au détriment du registre inférieur procurant moins d’aisance sur une enceinte avec hauts parleurs de taille plus conséquente. On pourrait préférer dans certains cas le C316 mais offrant moins de globalité et de palettes sonores différentes.

Le C326 paraissant plus « laidback » est en fait plus souple, plus assis que le C316. Mais sur une petite paire de bibliothèque comme les Zensor ,1 la différence pourrait tourner parfois à l’avantage du plus petit des deux amplificateurs.

Sur les envolées de piano, le C326 paraît moins vivant ce qui en fait est faux. Sur de longues écoutes, il reprend l’avantage démontrant une construction plus réaliste et moins démonstrative que le C316 qui pourrait être plus éclairé mais plus fatiguant à l’écoute sur le long terme.

Conclusions

Comparer deux amplificateurs de la même origine et de gamme différente est souvent synonyme de plaisir constructif et instructif dans de nombreux cas. Le NAD C326 de part sa connectique est plus en phase avec l’époque actuelle même s’il manque par exemple une entrée Bypass qui aurait complété le tableau.

Le C316 ne démérite pas pour autant comme premier choix abordable. Il reprend les grandes lignes musicales de son aîné avec quelques restrictions dans la partie bas médium grave offrant à contrario une lisibilité réjouissante sur de petites enceintes faciles à piloter.

Le C326 est plus difficile à cerner sur une première écoute à froid mais démontre des qualités qui feront la différence sur de longues sessions auditives grâce à une souplesse sonore plus universelle permettant d’aborder tout style musical sans appréhension.

Cependant, si les choix sont ténus sur de petites enceintes, l’écart se creuse dès que l’on attaque les enceintes aux prétentions audiophiles plus poussées. Le NAD C326 montre sa différence et pourquoi il est si universel dans sa zone de prix où la concurrence fait rage.

Le C326 gagne donc la bataille mais pas la guerre. Si vous possédez de petites enceintes deux voies comme les Dali Zensor 1 ou les Q acoustics 2020, le liliputien NAD C316 fera parfaitement l’affaire. Si vos exigences musicales sont multiples et que vos choix d’écoutes sont plus larges allant du rock vers l’opéra, le C326 Bee reste la référence incontournable à moins de 500 Euros.

Petite découverte pour la marque d’enceintes Acoustic Energy qui à priori fait un très bon mariage avec le NAD C326.

Les seuls véritables concurrents du marché aujourd’hui au NAD C326 sont l’Atoll In50Se procurant une ouverture sonore hors norme dans ce secteur de prix mais plus difficile à aborder par son côté audiophile et donc plus exigeant. Le Marantz PM 6005 est aussi un excellent candidat sur le papier possédant une entrée phono de surcroît. Le Marantz PM 6005 possède aussi un autre argument de poids. Il contient un excellent DAC 24bits 192khz pour un prix à peine supérieur aux deux autres appareils.

Il semblerait d’ailleurs que NAD ait trouvé un sérieux prétendant au trône, Marantz étant l’éternel concurrent de l’anglo-canadien.

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2 Responses to NAD C326Bee versus NAD C316Bee.

  1. Alexis says:

    Super !!!!!!!!

    Merci pour ces conseils…
    J’ai un budget de 500/600 euros pour m’acheter un ampli et j’hésitais entre les deux NAD (c326/V316) ou la marque Rotel (RA10/RA11)…
    Mais je pense me diriger vers le NAD326 car je compte un jour m’approprier des bonnes enceintes.

    Que pensez-vous de Rotel ?

    Bien à vous.

    Alexis

    • Richard says:

      Bonjour,

      mon esthétique sonore va plus vers le NAD C326 bee plus chatoyant et musical mais la droiture intellectuelle et la rigueur du Rotel peut en séduire quelque un, mais pas moi.

      A bientôt.

Les commentaires sont fermés

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