Le Grado Sr125i casque audiophile

Publié le 21 août 2013 à 19 h 37 min | par Richard

Grado SR125i. Entrez dans la légende.

Pour utiliser une métaphore, ne pas parler de Grado dans le monde de la Hifi, serait comme Batman sans sa Batmobile. Imaginez donc… Grado Labs fabrique à Brooklyn depuis que la stéréo existe. (1955) Véritable légende de la cellule vinyle, Grado Labs a su évoluer dans les années 80, produisant des casques Hifi parmi les plus réputés au monde.

D’un look vintage très new-yorkais, les casques Grado réjouissent les amateurs de belles et bonnes musiques, notamment les aficionados de jazz. Il était impardonnable de ne pas tester dans ces colonnes, une des marques qui a su rester intacte au fil des ans, et a su préserver son identité. Petit tour du SR125i, un casque pas si stéréotypé qu’il en a l’air…

Le casque GradoSR125 i détonne dans une production mondiale où les casques sont plus dans un design high-tech inspiré d’un manga futuriste comme Akira. Non rien de ça ici. Un Grado, c’est un morceau d’ histoire de l’Amérique des années 50 entre ses mains.

Le look est anachronique avec le fil de fort diamètre arrivant à chaque oreillette en Y, sortie tout droit d’une BD des premiers Batman ou des superbes « muscle cars » des années 50 ou 60. Grado cultive sa différence.

Malheureusement même si le SR125 i en jette il n’a pas la finition alu de son grand frère le SR325I par exemple. Il faudra se contenter d’une finition plastique bien faite mais un peu en dehors des standards actuels. Mais à 200 euros, les concurrents sont majoritairement eux aussi en plastique…

Le casque est fourni avec le strict minimum nécessaire. L’emballage et un papier de garantie … C’est un peu cheap là où tout le monde fournit au moins un adaptateur jack3.5/6.25. A l’heure où beaucoup écoutent au casque sur laptop et autres tablettes, c’est un peu étrange.

Le casque avec un moteur V8 à l'intérieur.

Une vraie beauté est intérieure dit le vieil adage. Et c’est on ne peut plus vrai pour le Grado SR125i. S’il ne brille pas par une finition exemplaire, ce casque a plus d’un tour dans son sac. Le soin apporté aux bobines de cuivres des capsules du casque et le fil l’accompagnant est de premier ordre.

Si on lit entre les lignes de la fiche technique, la topologie du cuivre utilisé dans les casques Grado n’est pas très loin du fil de litz mono brin qui a fait le bonheur des amateurs de disques vinyles. Grado maîtrise le procédé depuis 60 ans étant un des plus prestigieux concepteur de cellule vinyle au monde. Ce procédé de fabrication n’est pas étranger à ce son typique de la marque, chaud, timbré, élégant.

Le SR125 i est plutôt un casque facile à vivre mais demandant des amplificateurs casque pas trop typés ou relativement droits. L’amplificateur Grado Ra1 est évidemment un bon compagnon mais aussi les fameux JDS Labs qu’on ne présente plus. http://www.jdslabs.com/storecat.php?fetchcat=1. Le musical Fidelity Vcan à 99 euros est un choix peu onéreux et de bonne compagnie.

Ce casque, de par son poids et son type d’accroche sur la tête est plutôt réservé à un usage sédentaire malgré les 32 ohms d’impédances. Sans compter que le Grado SR125 i est totalement ouvert et que votre voisin profitera lui aussi, de la musique à proximité.

Brooklyn Music

Test et condition du test.

Les sources sont un HTPC relié sur convertisseur Atoll Dac 100 ou Asus essence ST avec l’amplificateur Mstage Matrix ou l’Atoll In 100 sur sa sortie casque.

Les casques AKG k701 et K242 ont servi de point de comparaison. Petite astuce. Si vous possédez déjà un Sr125I, vous pouvez adapter les mousses du SR225i de type « bowl L cush », améliorant le son de manière drastique ! Toujours bon à savoir.

Chose impérative à savoir. Le Grado est long à roder. Très long… Ne pas se faire d’avis, sans un minimum, laisser ce casque jouer plusieurs jours durant. (1 semaine et quatre jours)

Brendan Perry album ARK

Brendan Perry album Ark

La voix si particulière de Brendan Perry est retranscrite à merveille sur le Grado Sr125I. Les percussions sont plus feutrées que d’habitude avec plus de poids mais moins d’analyse que sur l’AKG K701 par exemple.

Le rythme se distille avec aisance. L’équilibre légèrement ascendant procure un suivi agréable de la mélodie aux percussions orientales soutenant l’ensemble.

On regrettera peut être plus de luminosité dans le haut du spectre, mais l’ensemble et la présentation musicale est particulièrement séductrice permettant de longues écoutes sans fatigue auditive.

Le registre grave est très légèrement écourté avec une légère mise en avant du registre bas médium. Le résultat est plutôt de bonne facture surtout sur toutes les parties cymbales, particulièrement chatoyantes.

Les parties synthé sont plus discrètes que d’accoutumé avec moins d’envolées.

Le SR125i donne un aspect bande magnétique ou vinyle pouvant surprendre l’amateur de musique technophile plus habitué à des casques plus analytiques.

Buddy Guy album Slippin 'in

budy guy slippin in

On pouvait s’y attendre. Sur l’excellent album de Buddy Guy, l’ambiance beuverie et blues est retranscrite à la perfection. Voilà le terrain de prédilection de ce casque Grado.

Ca fuse, c’est délicieusement gras. Les parties de piano façon ragtime et blues sont un délice. Le pied de batterie en fait des tonnes et on aime ça. Buddy gueule, braille et raconte sa vie, sur les femmes, la mort, les potes.

Le Grado vous fait manger le goudron de la « 66 road » et on en redemande. On tape du pied, on s’extase devant les envolées hystériques de ce géant du blues torturant sa vieille Stratocaster, habillée de pois blancs sur fond noir.

Le SR125i semble avoir trempé ses oreillettes dans le 12 ans d’âge et vous distille du blues, du vrai, rocailleux, chaud à souhait.

Chris Isaak Wicked Game

wicked game album chris isaak

Tout album de Chris Isaak devrait être écouté sur un Grado, une fois dans sa vie… Le soleil californien du sud caresse votre visage comme les cymbales de « Wicked game ».

La 6 corde Rickenbacker grattouille à l’extase raisonnant dans les plaines où le soleil rougeoyant se couche sur l’horizon infini.

La guitare basse, massive, impose son rythme. Les cuivres hispaniques vous rappellent que le Nevada et ses casinos ne sont pas si loin, soufflant sur les pleines arides, rutilants comme une Cadillac sortie du lavage.

Chris Isaak prend toute sa dimension. Le titre « vooodoo » vous plongent dans les marécages et l’alligator aux crocs affûtés n’est pas loin.

« Lie to me » standard du chanteur vous baladent dans une décapotable, sur une longue route toute droite et désertique.

Le SR125I a chaussé ses santiags et donne toute sa générosité dans ce style musical de culture américaine. Pour les connaisseurs, il y a un côté Jukebox « Wurlitzer » délicieusement jouissif dans ce casque.

C’est charpenté, coulant lentement, comme un bon café chaud et une tarte à la rhubarbe dans un drive-in.

Andreas Staier, Mendelssohn, concertos

Staier Mendelssohn

Ok, disons le tout net. Le Grado même s’il s’en sort plutôt avec les honneurs,, la musique classique n’est pas vraiment sa tasse de thé.

Même si une certaine élégance se sort de ce concerto, la présentation des violons est plutôt dans le corps que dans le suivi, l’analyse et l’espace où il est reproduit.

Sur un violoncelle cela peut faire l’affaire, sur du Vivaldi ou des envolées en formation de concert, le résultat est différent sans pour autant être désagréable.

Mais l’amateur assidu de lyrique risque d’être perturbé par ce côté rond et chaud préférant la rigueur d’un AKG ou la précision millimétrique d’un Stax. C’est une question de goût.

L’avantage du Grado sur ce disque est la disparation de l’acidité de l’enregistrement. Le piano est particulièrement romantique et les notes de Staier moins soulignées que d’habitude sans pour autant tomber dans l’oubli, et apportent un timbre très agréable à l’oreille.

L’équilibre du Grado Sr125i est savamment dosé pour donner de la douceur sans partir dans l’édulcoré à outrance comme certains casques DJ aux graves proéminents. On reste dans la subtilité et le bon gout.

Grado-SR-125

Conclusions

Le Grado Sr125 i est un casque très joueur dès qu’on lui donne un bon vieux rock ou mieux encore, du jazz, son terrain de prédilection. Le blues est aussi taillé pour lui. Chaque marque ne peut que rarement cacher ses origines culturelles. C’est encore plus vrai pour Grado Labs.

Pour autant, ce casque est aussi capable de s’aventurer dans d’autres lieux. La musique de film classique des années 50 à 80 s’avère éloquente, Jacques Brel est à tomber, les voix religieuses en chorale (Misa criolla de Ariel Ramirez avec José Carreras) peuvent atteindre le nirvana sonore.

Peut être pas le plus assidu des casques, ou le plus rigoureux mais certainement le plus attachant. Culturehd lui, est tombé sous le charme !

Pour conclure, si vous êtes amateur de vieilles bouteilles aux aspects de miels, qu’Elvis et Eddy Cochran tournent sur votre 33T, si pour vous, la meilleure gastronomie au monde est un hamburger quarter pounder, et qu’Eddy Mitchell doit devenir président, alors oui, le Grado Sr125i est l’arme ultime pour vos soirées les plus endiablées.

J’vous laisse, j’ai rencard avec Marilyn devant un Banana Split géant, avec supplément chocolat.

http://www.gradolabs.com/

 

Grado SR125i. Entrez dans la légende. Richard

Grado SR125i 209 Euros PPI

Qualité de fabrication perçue
Définition
Dynamique
Cohérence/ beauté des timbres
Précision
Facilité d'utilisation

Conclusion: Un casque aux timbres enivrants, surdoué pour le jazz, le blues et le rock.

3.6


Pour :

  • un surdoué pour le blues, le jazz, le rock.
  • un look qui cultive sa différence.
  • Le son tout droit sorti d’un Jukebox chromé et rutilant.
  • Le parti pris de ne pas faire comme les autres.

Contre :

  • l’aspect du plastique noir.
  • Pas d’adaptateur 3.5mm.
  • Les mousses « bowls »L cush en option.


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