DIA-250_gato audio

Publié le 6 février 2014 à 16 h 30 min | par Richard

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Gato Audio DIA-250 suprême désir

Gato Audio n’est pas tout à fait un inconnu des amateurs de musique. Gamut Audio résonne encore dans nos oreilles avec une lignée d’amplificateurs de puissances particulièrement séduisantes. Gato Audio est donc la réunion de trois concepteurs danois,  issu de plusieurs sociétés dans le monde de l’audio (Gamut Audio, Thule Audio, Holfi).

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Après cette courte présentation, je dois avouer quelque chose. Mon vocabulaire musical jusqu’à présent ne se réjouissait qu’à la lettre A et comme les petits enfants je rechignais à faire mes devoirs jusqu’à la lettre D. La classe D si séduisante sur le papier a rarement contenté mes oreilles. N’y voyez là aucun  snobisme de ma part car je possède des amplis en classe D depuis belle lurette.

DIA-250_black version

Je fus un des premiers à posséder en son temps un Tact Audio M-2150 qui me procura de fiers services. Mes fliyng Mole DAD m100 ronronnent sur mon système home-cinéma sans faillir. Hormis certains Chapter Audio et autres Lyngdorf Audio,  il faut bien avouer que souvent la déception fut grande.

Pourtant ces temps-ci, quelques indices traînent dans les magasins et revues de Hifi sur la planète bleue. Après avoir écouté un petit TEAC excellent et la gamme Gato Audio, il semble que la Classe D ait fait un bond de géant sur les dernières productions et que personne n’a vu le vent tourner.

Petit tour d’un ampli qui bouscule les idées reçues sur ce qui pourrait bien devenir une déferlante technologique, le Gato Audio DIA-250.

Beauté féline :

Le Gato Audio DIA-250 est beau. C’est un objet qui ne peut laisser indifférent. De part ses formes atypiques et son dessin courbe, il capte le regard avec fascination. Comme la fonction fait la forme, le bouton de volume remplit parfaitement son office avec une extrême précision.

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On peut donc régler avec facilité la course du potentiomètre à son niveau d’écoute optimal. Comme tout ampli Classe D, le DIA 250 chauffe peu. Ce qui est légèrement troublant quand on voit les magnifiques refroidisseurs qui tiédissent à peine, donnant un côté élancé à ce superbe appareil en aluminium.

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Le haut de l’intégré comporte une pièce de bois superbe. Laquée comme un miroir, cela réchauffe l’ensemble pour un contraste de métal et de bois parfaitement mis en valeur, orné du logo à tête de félin.

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A juste raison, le lion danois a quelque chose des belles anglaises, un je ne sais quoi d’un autre félin à quatre roues. Le DIA-250 possède quasiment toute la connectique nécessaire pour les cas de figures habituelles.

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Connectiques du Gato Audio DIA 250 :

Entrées XLR Symétriques analogiques 1 paire XLR Neutrik plaquée or
Entrées RCA analogiques 2 paires RCA Stéréo plaquée or
Entrées numériques 1 pc USB type B, 1 pc Toslink, 1 pc RCA SPDIF
Sorties analogiques symétriques XLR 1 paire XLR Neutrik plaquée or
Sorties analogiques RCA asymétriques 1 paire RCA Stéréo plaquée or
Borniers hauts parleurs 2 paires de borniers avec possibilités bananes
Trigger, 12 V 1 mini jack 6.35 mono

gato-audio-di-250-connectique

L’afficheur est bien lisible et très agréable sans être agressif. On sent une certaine maîtrise dans la conception de l’appareil et on a même un petit bouton sur l’arrière de l’appareil pour neutraliser l’affichage en cas d’écoute dans le noir ou la pénombre. Fonction accessible aussi sur la télécommande.

gato-audio-afficheur

Le bouton stand-by permet d’allumer et de mettre en veille l’appareil. Le véritable bouton Power se situe classiquement derrière. Le bouton Input fait défiler les entrées qu’elles soient numériques ou analogiques. Le DIA 250 est d’une simplicité enfantine à l’usage.

D’autres fonctions cachées comme le « Bypass » du pré-ampli permet d’utiliser le Gato DIA-250 en amplificateur de puissance au sein d’une installation home cinéma moderne. La télécommande entièrement en aluminium est tout aussi simple que l’intégré lui même. C’est rassurant, voire reposant à l’usage.

telco-gato-di-250

Le mode d’emploi est relativement clair bien que parfois alambiqué pour les amateurs de Shakespeare. Les descendants de Molière devront malheureusement passer leur tour.

gato-audio-mode-d'emploi

 

L’intégré Gato Audio DIA 250 est disponible en trois finitions :

blanc laquéenoir laquéebois walnutDIA-250_4

 

Avoir la classe D ou pas.

La partie filtrage passe bas, point névralgique des systèmes d’amplification à découpage PWM, est pourvue de condensateurs à film « polypro » et de selfs haute qualité à faibles résistances.

La partie alimentation est à découpage, encapsulée avec l’amplification dans un blindage séparé de la carte principale. La partie amplification est confiée à un module PWM complet à base de « direct FET » de chez International Rectifier.

UMAC amplifier La partie DAC de cet intégré comporte des éléments bien connus. Les entrées numériques sont gérées par l’excellent XMOS dernier cri. La conversion est plus traditionnelle avec le Burr Brown PCM 1794, puce delta sigma haut de gamme 24bits 192 Khz. La partie courant tension en sortie du DAC d’après la documentation serait à faible contre réaction.

La partie pré-amplification est gérée par des amplis op type FET et le Burr Brown PGA 2320, là aussi une valeur sûre des volumes intégrés à micro résistances. Pour une fois les drivers USB 2.0 audio High speed Windows Win7 sont livrés avec un CD rom. Délicate attention qui fait gagner du temps, ne perdant pas patience sur le site pour chercher l’obscur lien « support » ou « driver » perdu sur une page du constructeur.

Ils sont intelligents chez Gato ! L’entrée USB fonctionne à merveille, Xmos oblige… Sur Linux et la distribution Daphile ce fut encore plus rapide, l’appareil étant reconnu sans driver instantanément et en bit perfect.

Caractéristiques techniques du Gato Audio DIA 250 :

Puissance de sortie 2x 250 W / 8 Ω – 2x 500 W / 4 Ω
Réponse en fréquence 20 Hz-20 kHz – 0.5 dB, and 2 Hz-70 kHz – 3 dB
Distorsion harmonique totale < 0,01% at rated power
SNR < 102 dB
niveau maximum en sortie ligne 13V balanced, 6,5V unbalanced
Distorsion harmonique totale < 0,001% pre out
Impédance d’entrée 20 kΩ RCA or 40 kΩ Balanced
Impédance en sortie ligne 75 Ω
Gain 26 dB (+10 db headroom)
impédance d’enceinte recommander 4 -16 Ω

Condition d'écoutes :

gato-audio-taralabs

 

Nos écoutes se sont passées dans nos conditions habituelles dans notre auditorium de 35m². Petit changement, les B&W CM9 sont au placard pour déficience du tweeter droit (merci le chat). La majeure partie des tests se sont faits sur les Dynaudio Craft, enceintes de studio à haute résolution et mangeuses de watt.

Le Gato Audio DIA-250 s’est montré totalement indifférent au sens de la prise secteur. Il a par contre demandé plus de 4 heures d’utilisation avant de montrer tout son potentiel.

D’ailleurs il faut laisser la musique en continu, l’appareil ayant la fâcheuse habitude de se mettre en veille sans signal. Une première session s’est faite avec le DAC PCM1794 intégré à l’appareil en mode USB et coaxial puis une seconde session avec nos convertisseurs sur les entrées analogiques.

Matériel utilisé pendant ce test :

  • Portable Asus X7m avec Win 7 X64 et 8go en mode batterie.
  • Logiciel Foobar sous Windows, audio player Daphile sous Linux en mode clé USB.
  • DAC X sabre Matrix. Atoll DAC 100 SE. Audiophonics Xmos 384.
  • Amplificateur Atoll in 100 se, Atoll In 200. Bloc mono Fliyng mole DAD 100M.
  • Enceinte Dynaudio Craft.
  • Câble USB : Supra USB, et USB générique.
  • Câble : Audiophonics silver, Kimber KCTG, Taralabs omniprism. Taralabs 800, Taralabs Prism 3, XLO Type 1. Van den Hul Clearwater. QED Genesis.

Take 6 Greatest hits wav 16bits 44.1khz

take 6 greatest hits

Le DIA 250 désoriente un peu lors des premières écoutes. On ne s’attend pas à ça de la part d’un ampli en classe D. Le son est doux, mélodieux. Les voix du gospel américain sont éloquentes avec une belle tessiture.

Une petite comparaison avec mes blocs mono Flying montrent à quel point en 15 ans la classe D a pris de l’envergure. Les DAD 100 sont caricaturaux par rapport au DIA 250 qui explorent des domaines rarement entendus sur cette compilation de jazz gospel.

Là où on aurait pu s’attendre à de la maigreur ou un côté désagréable dù à de la classe D, le DIA 250 montre une très bonne lecture des différentes harmoniques. Le sentiment de recul de la distorsion est presque palpable.

On sent que l’on peut aller loin avec des niveaux d’écoutes outranciers sans ressentir la moindre fatigue. Les Dynaudio chantent et j’ai rarement entendu les tweeters marcher ainsi.

Le Gato Audio montre qu’il est capable de beaucoup d’analyse avec une image sonore très séduisante derrière les enceintes.

Les 250 Watts montrent qu’ils sont là, sans en faire des tonnes, sans sons systématiques, sans répétition lassante. C’est exactement l’inverse. De ce point de vue, les deux Atoll sont largués en comparaison, pourtant plutôt chantants d’habitude.

Sans atteindre le côté roboratif d’un Sugden A21se que nous connaissons bien, le Gato ne démérite pas, posant une image sonore précise bien construite remplie de subtilité très agréable voire chatoyante sans tomber dans la mollesse.

Rachel Podger Js Bach, doubles et triples concertos baroques fichier Flac Qobuz 24bits 192Khz.

bach 24bits 192khz

L’éloquence entendu sur Take 6 se retrouve sur cette superbe prise de son. L’ampli délivre un son doté d’une forme d’exactitude sans tomber dans l’épaisseur ou la maigreur.

Un équilibre juste sans tomber dans le soyeux outrancier ou l’inverse. Le clavecin est la poser en fond avec une bonne harmonique.

On aimerait peut être parfois plus de métal, plus de rutilance. Mais l’expressivité est là et le suivi est d’une facilité déconcertante. Dire que le Gato est transparent est en dessous de la vérité. Il renvoie tout ce qu’on lui donne pour le pire et le meilleur.

J’ai rarement entendu un ampli intégré montrant autant de différenciation des sources numériques branchées dessus. Un vrai laboratoire d’analyse qui fait de la musique et pas qu’un peu.

C’est peut être là que le bas blesse. Il faudra une source en rapport de l’excellence de cet ampli, un convertisseur de haute volée capable de timbre, de puissance respectant l’équilibre serein de ce magnifique amplificateur.

Le T+A DAC 8 serait le parfait compagnon ou équivalent. Le passage du DAC interne à notre X-sabre a démontré tout le potentiel du DIA 250.

Buena Vista social club WAV 16bits 44.1KHZ.

buena vista social club

J’attendais un peu le Gato Audio au tournant avec ce genre d’enregistrement déjà « boisé » d’origine au rendu si chatoyant.

Le DIA 250 s’en sort haut la main avec une bonne répartition du rythme loin de la cacophonie des petits amplis à 350 euros. Tout est en subtilité, profondeur et les voix aux couleurs vives de Cuba.

C’est reposant tout en étant analytique sans froideur et ouvert comme une fenêtre qui donne sur un jardin baigné de soleil.

La contrebasse reste en second plan soutenant l’ensemble sans envahir le reste des autres instruments. Le grave est particulièrement réussi.

Intègre sans résonance ou traînage néfaste alors que la partie médium aigu dans la continuité du bas registre affiche la douceur caractérisant cet ampli sans mélancolie pour autant.

Au final un équilibre subtil particulièrement réussi doté de 250 W qui sont là sans caricature ou démonstration de force sans intérêt.

Le son est souple sans être lassant ou mou. Gato Audio a vraiment bossé son sujet.

Le son du DAC interne 24bits 192khz.

La partie DAC du Gato Audio DIA 250 est de bonne facture. Pas de défaut ou de mise en avant particulière. La focalisation est très bonne, et nombres de détails sont là. Les harmoniques sont bien restituées, et je dirais même que l’on a affaire de ce côté là à un bon élève.

Léger avantage peut être pour la partie SPDIF et encore l’entrée USB est très convaincante même par rapport à une interface de qualité (XMOS 384).

Le couple puces XMOS et PCM 1794 marchent à merveille. On a donc un DAC qui n’est pas au rabais pour un résultat très satisfaisant dans une seule boite.

Si vous désirez une seule machine avec DAC incorporé et 2×250 watts capables de faire marcher vos colonnes trois voies, le DIA 250 est un bon client.

Cependant cet ampli est d’une telle transparence que l’ajout d’un DAC de qualité supérieure transfigure l’appareil. Donnez lui un DAC de haut niveau et vous atteindrez des frontières sonores que vous n’imaginiez pas sur un intégré de 15 kg à un peu plus de 3000 euros.

gato-en-vielle

Conclusions

Le Gato Audio démontre l’avancée technologique sur 30 ans de classe D. Le son a fait un pas de géant. Délicat, souple avec les qualités fondamentales des amplis PWM, du watt pour un prix encore acceptable.

Le Gato fournit une image sonore en profondeur, subtile avec une myriade de détails sans mise en avant. Ce côté « smooth » sans être caricatural procure de grandes satisfactions quel que soit le type de musique.

La précision et la transparence de cet ampli sont un peu le revers de la médaille. Le Gato Audio sera d’une exigence sans faille sur la source en amont.

Si le DAC ou votre lecteur CD sont du même niveau que ce superbe ampli intégré, vous aurez l’arme ultime pour driver des enceintes difficiles avec des qualités sans précédent de transparence, de timbre avec 2x 250 watts sous 8 ohms. Le meilleur des deux mondes.

Attention aux mauvaises démos ou associations avec le Gato DIA250 qui s’avère très exigeant donc à son entourage. Mais pour peu que la bonne alchimie soit faite, on peut atteindre le magistral !

Le site de Gato Audio :

http://gato-audio.com/

L’importation en France :

http://www.hamysound.com/

Le superbe lecteur CD Gato Audio CDD-1

Gato Audio DIA-250 suprême désir Richard

Gato Audio DIA-250 3250 euros

Qualité de fabrication perçue
Définition
Dynamique
Cohérence/ beauté des timbres
Précision
Facilité d'utilisation

Conclusion: Un excellent ampli mêlant design et grandes qualités d'écoutes muni d'un DAC performant.

4


Pour :

  • Un son équilibré subtil et nuancé.
  • Doté d’une transparence inouï.
  • 2x 250 watts dans un intégré.
  • Le DAC intégré de qualité correcte.
  • Le design somptueux.
  • La simplicité de fonctionnement.
  • Le double carton d’emballage.
  • Le CD ROM fourni pour les drivers WIN 7.
  • Les entrées et sorties XLR.
  • La fonction « bypass » pour le home-cinéma.

Contre :

  • Pas de mode d’emploi en français.
  • Demande une source ou un DAC de haute qualité.

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