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Publié le 9 juillet 2015 à 19 h 13 min | par Richard

Cambridge CXN le Streamer anglais.

Succéder au Stream Magic 6V2 n’est pas une mince affaire. Le lecteur audio réseau Cambridge CXN prend le relais ni plus ni moins du premier Streamer abordable audiophile du marché en son temps.

CXN cambridge streamer audiophile

Difficile succession pour le « best seller » de la catégorie des Streamers autour de 1000 Euros. Cambridge fait figure de pionnier avec un certain panache qui creusera peut-être la différence face à une concurrence de plus en plus agressive sur ce marché naissant.

Les qualités de son prédécesseur sont présentes avec un je ne sais quoi de mieux que nous allons découvrir dans ce test.

T’as le look coco.

Cambridge-CXN-silver

Le Cambridge CXN est donc une relecture du Stream Magic arborant le nouveau look épuré de la série CX. Je trouve cette esthétique plus affinée, plus en accord et moderne par rapport à l’ancienne génération, plus typée Hifi des années 90.

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L’afficheur a grandement évolué, plus grand, en couleur et plus lisible que l’ancêtre monochrome. Le reste des touches de navigation reprend la topologie du Stream Magic plutôt bien pensé.

Il y a d’ailleurs une certaine forme de logique qui ne déplaira pas aux utilisateurs des bons vieux lecteurs CD même si se balader dans les menus est toujours plus long que l’ancêtre de 12 cm qui a encore certaines choses pour lui en terme d’ergonomie.

L’ergonomie du Cambridge CXN :

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Au final, une machine toujours aussi bien pensée avec ce qu’il faut de logique par un constructeur rodé à ce genre d’exercice. Mention spéciale pour la télécommande, étant la plus pratique entre mes mains et peut être plus rapide que l’utilisation sur tablette ou smartphone. Il ne lui manque qu’un rétro éclairage, avantage donc sur les interfaces informatisées IOS et Android sur ce point.

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Le protocole Samba bien connu des geeks et vrais informaticiens est en partie installé en surcouche du protocole DLNA/UPNP permettant l’affichage des pochettes venant de clé ou disque dur USB. Attention tout de même, il ne s’agit pas d’une implantation complète et il faudra bien respecter les méta-tags gérés en UPNP pour ne pas se retrouver avec des pochettes sans images.

Si vous pensiez taguer votre médiathèque  » à l’arrache » et vous rattraper avec le protocole Samba, désolé… Le protocole DLNA/UPNP étant rigoureux sur ce point. Bien évidemment les personnes ayant une médiathèque audio créée et gérée sous I-tune n’auront pas ce désagrément comme d’habitude… A croire que seule la pomme ait compris le désarroi des audiophiles sur ce point…

Dans ce cas de figure, le Cambridge CXN affichera fièrement toute votre médiathèque avec une belle mosaïque de pochettes.

Les utilisateurs de DBpower Amp et EAC devront donc bien vérifier que l’inscription des tags se fait correctement au risque de se retrouver avec de simples dossiers affichés sans images. Sachez que pendant la période de tests, deux nouvelles mises à jours automatiques ont eu lieu sur le CXN. Preuve que Cambridge fait bien son travail et répond aux attentes de ses clients.

Compatibilité fichiers audio informatiques.

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Les principaux fichiers audio sont reconnus par le CXN : WAV, FLAC 24/96, ALAC 24/96, AIFF 24/96, WMA, MP3, AAC, HE AAC, AAC+, OGG. Malheureusement le DSD n’est toujours pas de la partie.

Honnêtement, je me demande bien encore l’utilité d’un tel format élitiste et le peu de fichiers répandus sur la toile de manière légale. Dommage, le format étant prometteur en terme de fidélité audio. Mais l’avenir du DSD semble incertain, bien que prôné par les constructeurs de matériels Hifi.

Je n’ai pu, par contre obtenir la lecture « gapless » (sans blanc entre les morceaux) que par la création de playlists. Cela vous obligera donc pour du classique, de l’opéra, à sélectionner le fichier entier et à l’appliquer dans la liste de lecture.

La partie Streaming audio.

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Spotify est bien évidemment là avec la gestion sur tablette et smartphone. On peut aussi écouter des radios internet bien que l’offre soit limitée aux grands acteurs du marché. L’essentiel est donc présent pour satisfaire les envies les plus générales.

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On peut bien-sûr rentrer l’adresse HTTP de sa radio favorite mais il faudra s’armer de patience sur l’afficheur et le clavier virtuel par la télécommande fournie. Heureusement, mon Ipad avec l’application Cambridge Connect s’est révélé bien meilleur pour ce genre d’exercice.

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La lecture sans fil.

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Ayant pu me procurer une clé Bluetooth APTX BT 100 Cambridge (en option), le résultat auditif me paraît bien meilleur sur ce protocole que le WIFI et l’Airplay. A défaut de l’ultra haute fidélité obtenue sur le RJ 45 avec fil, le Bluetooth s’est révélé agréable à l’écoute à défaut d’être totalement fidèle.

La lecture Wifi s’est faite aisément pour peu que votre box internet qui sert de pont réseau ne soit pas récalcitrante. Sur une box SFR et Orange rien à signaler. Par contre sur une box Bouygues, le mode direct wifi connect s’est révélé un peu récalcitrant.

La connectique du Cambridge CXN.

cambridge CXN connectiques spdif usb toslink rj 45

Le CXN possède toute la connectique numérique et analogique à laquelle on a le droit d’attendre d’un appareil autour de 1000 Euros. Il ne manque à l’appel que les connectiques plus élitistes comme l’AES EBU XLR ou l’i2S sur HDMI. L’AES-EBU est par contre présente sur le modèle supérieur, le Cambridge Azur 851N.

Nous sommes en terrain connu avec l’entrée USB en façade, compatible disque dur et clé USB FAT 32 et NTFS. Une seconde prise arrière USB reprend les mêmes fonctionnalités. Une troisième entrée USB est dévolue aux « dongles » de la marque pour profiter de la transmission Wifi permettant la lecture sans fil de ses fichiers sur tablettes et smartphones. On peut donc aussi utiliser le Bluetooth APTX mais en option avec la clé BT100 au prix moyen de 100 Euros.

On retrouve la fameuse prise RJ45 100Mbits pour connecter l’appareil à son réseau personnel. Le protocole est DLNA/UPNP permettant de lire facilement sa médiathèque audio stockée sur serveur NAS ou disque dur avec capacité réseau. Il est même possible de lire ses fichiers stockés sur un ordinateur Windows en installant sur ce dernier, un logiciel serveur DLNA/UPNP comme FreeMP par exemple.

On apprécie particulièrement la présence de véritables sorties analogiques XLR permettant des branchements de grandes longueurs.

Un véritable DAC.

On peut utiliser le Cambridge CXN en mode DAC avec la présence d’une entrée coaxiale compatible jusqu’à 24bits 192khz et une Toslink optique jusqu’à 24bits 96khz.

On dispose aussi d’une entrée USB class Audio 2.0. Cela permet de relier son PC Windows/Mac Os ou Linux et de lire via un player/logiciel comme Foobar ou Itunes en lecture bit perfect Asio/Wasapi grâce au chipset interne Xmos de dernière génération.

Attention de bien respecter le protocole d’installation 2.0 pour les pilotes bit perfect sous Windows au risque de se retrouver en USB 1.0. J’en parle ici notamment : http://culturehd.com/hifi/cambridge-dacmagic-100-le-test_9293

J’apprécie toujours autant la possibilité sur l’entrée USB de pouvoir neutraliser ou non la masse électrique. Une petite attention pertinente quand on sait la sensibilité de l’USB et des mauvaises alimentations informatiques transmettant du « ripple » électrique via les blindages des câbles USB. Le son peut vraiment gagner en ouverture dans le médium aigu selon l’enclenchement ou non de ce petit switch ground/lift switch.

Le CXN permet donc de brancher en Toslink optique son écran plat, une box internet ou sa console de jeux et même pourquoi pas en numérique coaxial son vieux lecteur CD et profiter de la section de conversion de course du Cambridge.

L’application Cambridge Connect :

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Cette nouvelle application a fait de forts progrès depuis les générations précédentes. Saluons Cambridge pour cette mise à jour que demandaient les audiophiles, fans de la marque. Elle est notamment compatible avec le Stream Magic 6 V2.

L’interface sur smartphone est étonnamment simple, fluide et dépouillée même si les aléas entre plusieurs médiathèques DLNA peuvent s’avérer parfois étranges notamment pour la lecture « gapless » obligatoirement par création de playlist.

playlist-cambridge-cxn

Bien évidemment, il ne faut jamais oublier que la rapidité d’affichage de votre médiathèque dépendra aussi en très grande partie de la réactivité des processeurs de votre NAS ou de votre smartphone/tablette. Il ne faut pas négliger ce point et le prendre en compte lors du budget de départ. Cela s’avère bénéfique en confort d’utilisation chaque jour.

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Cette interface aussi agréable sur smartphone que tablette n’est pas exempte de défauts mais une fois la logique comprise, c’est plutôt efficace. On reste quand même en dessous de la référence Sonos sur le marché. Bien évidemment, le Cambridge face à l’américain a un avantage indéniable, le son ! L’effort consenti de cette nouvelle interface rassure quand même sur le développement futur des applications Cambridge.

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In a silent way

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L’intérieur du CXN reprend en grande partie l’électronique du Stream Magic 6 V2 et notamment l’alimentation à découpage avec un DAC basé sur le Dacmagic Plus mais avec quelques petits changements. Les capacités chimiques de couleur noire en sorties analogiques ont changé au profit de la marque Fujinon et non d’une marque « no name » anciennement. On retrouve les excellents condensateurs Wima MKP 4 à films plastiques aux endroits stratégiques et des résistances de précision CMS à faible capacité.

Les convertisseurs Wolfson WM8740 du Cambridge CXN.

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Les puces de conversions sont les désormais classiques Wolfson/Cirrus 8740 montées par deux. Cela permet de réduire fortement toute sorte de distorsion de type intermodulation et bruit plancher. L’autre avantage est d’avoir une véritable sortie symétrique sur XLR.

La partie analogique est le schéma Wolfson appliqué à la lettre avec un étage de courant tension (I/V) sur deux Opamp Ti 5532 par canal audio. De très performanst OP275 d’Analog Devices en étage buffer finalisent l’étage de sortie.

L’alimentation à découpage Cambridge.

alimentation-découpage-cambridge

Pour rappel, les Op275 sont des amplificateurs opérationnels hybrides transistor bipolaire et JFETS. On a donc le faible bruit du bipolaire et la rapidité du procédé JFET. D’excellents OP-amp avec les AD841, que j’utilise abondamment.

Le reste de l’électronique est bien connu avec une puce Analog Device ADSP21261 renfermant l’algorithme d’oversampling propriétaire ATF de seconde génération et une puce Xmos pour l’USB audio 2.0. La carte mère au format spécifique sur processeur Texas Instrument Cortex ARM8, développé pour Cambridge est proche des cartes Baglebone.

Elle renferme un système d’exploitation ou de type Linux open project compatible ou Windows. Personnellement je pencherai bien pour un Linux RTOS facilement compilable sous ARM 8 d’origine TI Sitara.

Il s’agit donc d’une solution TI, entièrement développée par les ingénieurs de chez Cambridge et non une solution externe complète achetée en OEM. Un exemple à suivre et qui démontre la maîtrise de la marque anglaise.

Matériels et accessoires mis en oeuvre lors de ce test :

Avanti Musica !

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Pour ce test, nous avons mis les petits plats dans les grands, profitant de croisements de matériels que nous connaissons bien pendant près de deux semaines et demies. Nous avons même pu écouter deux modèles, un de couleur silver et un noir. Je vous rassure, la couleur n’a rien changé au son même si certains esprits farfelus ont tenté de nous le faire croire !

Au programme, un véritable parterre d’électroniques nous a permis de bien cerner la signature sonore du Cambridge CXN.

Amplifications :

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  • Jeff Rowland Continuum 250.
  • Sugden A21Se.
  • Van Medevoort CT 260.
  • Yba Heritage A100.
  • Nad C326.
  • Devialet D200.
  • Cambridge CXA80.
  • Cambridge Azur 540A.
  • Atoll In100.

Sources CD et DAC :

cambridge-cxn-jeff-rowland-audiomat-devialet

  • Lecteur CD Arcam Delta 70 (vieux mais pas obsolète).
  • Drive Van Medevoort CT460.
  • Lecteur CD YBA Heritage CD100.
  • DAC Audiomat Maestro.
  • DAC SMSL M8+P1.
  • Streamer Moon Audio Mind 180D.
  • Streamer ripper Bluesound Vault.

Enceintes :

Apertura-Armonia

  • Dynaudio Craft. (filtres upgradés)
  • Apertura Armonia et Onira.
  • Proac Tablette Aniversary.
  • Enceintes actives CultureHD (Fostex FS21rp, Visaton RHT12S, Fostex FP251N).

Câbles :

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Esprit Audio et Supra 4.0 pour les enceintes, Actinote XLR pour l’analogique, Chord Audio, Kimber PBJ, Audiophonics CMD2 Silver, Wireworld Eclipse pour les RCA. Kimber Silver USB et Supra USB. QED Reference Optical pour le Toslink.

Barrette Bada et prises secteur Supra.

Protocole de test du Cambridge CXN

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Nous avons procédé à un large éventail musical, attaquant aussi bien la musique contemporaine classique que du rock progressif en passant par les standards audiophiles reconnus.

Au programme, plus de 64 albums ont servi à établir un verdict avec un panel d’auditeurs composés par un professionnel de la Hifi encore en activité, un passionné de Hifi avec une expérience de 30 ans et moi même.

Les écoutes à plusieurs ont duré sur deux sessions de 4 heures en moyenne chacune.

J’ai comptabilisé plus de 42 heures d’écoutes sur les deux Cambridge CXN sachant qu’il ont tourné non stop sur ma playlist spéciale « rodage » pendant la période d’essai de deux semaines.

Test et écoute du Streamer Cambridge CXN :

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Jacky Terrasson, album Reach, édition japonaise. 16bits 44.1khz.

Jacky Terrasson Reach

Commençons par un album enregistré sans aucun artifice de studio, pris dans son jus, « direct to tape » par Mark Levinson lui-même, sincère avec des placements micros quelque peu maladroits.

Attention, il faut prendre la version japonaise étant incontestablement supérieure à la version occidentale.

Cet enregistrement dénué de tout artifice peut sembler plat et manquer de vie sur un système déficient en terme de résolution ou de dynamique. Un album de connaisseur, un véritable juge de paix pour amateurs avertis.

On reconnaît tout de suite la signature Cambridge à travers le Streamer CXN. Un son chatoyant et séducteur avec cette partie bas médium typique du constructeur anglais qui procure immédiatement entrain et suivi musical.

La partie médium aigu plus en retrait ne gomme pas pour autant les harmoniques plutôt complexes sur cet enregistrement cru et dénué de tout artifice dans un local d’enregistrement exsangue où s’entrechoquent les informations.

Le placement des musiciens est correct sans entrer dans le surnaturel même si on aurait peut-être voulu un peu plus de détourage entres les instrumentistes.

Le CXN fournit beaucoup de musique avec un sens évident du swing et de la structure rythmique complexe habituelle du pianiste de jazz surdoué. La partie grave est particulièrement fouillée et fournit cohérence rythmique et information sans désordre nuisant au suivi.

Un bon point qui n’est pas une mince affaire sur cet enregistrement particulièrement exigent. Le CXN a tout d’un bon cru et dans la droite lignée du StreamMagic 6V2 dont il reprend en partie l’ADN technique.

Alan Silvestri, Roger Rabbit album B.O 16bits 44.1khz.

Qui veux la peau de Roger Rabbit Alan Sivlestri

Voici le fameux morceau de jazz où la sulfureuse Jessica Rabbit (Amy Irving) jette son dévolu vocal d’une sensualité exacerbée ne pouvant vous laisser de marbre.

Ce joli bout de jazz de piano bar quelque peu surnaturel démontre parfois le côté artificiel de certains matériels. Le CXN a évité le piège avec satisfaction.

le CXN prodigue tout son savoir faire particulièrement doué pour retranscrire ce moment anthologique du cinéma d’animation.

La batterie déferle intensivement avec jouissance sans faillir et sans « friser » dans les tweeters à dôme.

La voix de la chanteuse est captivante jouant sur le côté suave et séducteur parfaitement en place aussi bien sur les Proac que nos Dynaudio sans projection.

L’information est bien dosée sans exagération participant à la musique et non à un côté Hifi déplaisant ou surjoué.

Il semblerait que sur cette nouvelle génération de Streamer, Cambridge a bien travaillé son sujet et l’oversampling ATF2 a fortement gagné en naturel. On pouvait regretter par le passé un coté artificiel en parti disparu sur le CXN.

Bien vu Cambridge ! Le résultat s’avère redoutable d’efficacité avec de la vie, de la musique et une signature sonore très bien produite.

Arvo Part album De Profondis 16bits 44.1khz (Paul Hilier version) Harmonia Mundi USA

Arvo PArt De profundis.

Sur ce grand moment de parfaite harmonie vocale, le théâtre des voix donne sa pleine mesure, profonde, interrogative et d’une gravité fascinante.

Le CXN s’en sort avec une légère projection sur les « forte » par instant mais demeurant toujours aussi apte à chercher la musique et délicieusement mélodique.

Il faudra prendre soin de bien choisir l’amplificateur en accord avec ce Streamer pouvant donner beaucoup si bien agencé. La scène sonore est bien construite avec l’orgue en retrait qui n’est pas noyée dans un bruit de fond indiscernable.

Le CXN est un bon mélange entre informations, musique et respecte cette oeuvre fragile toujours au fil de l’eau. Un moment intense et reproduit avec une émotion palpable à défaut d’une rigueur plus intellectuelle.

D’autres machines plus transparentes et plus élitiste iront peut être-plus loin dans ce domaine mais le CXN a un avantage réel au prix proposé. Il est toujours sincère et musical.

Cette capacité a un avantage réel. Le CXN est polyvalent, s’attaquant à tout style musical sans jamais décevoir son auditeur étant moins sectaire par nature.

L'Opéra de Quat'sous, Daniel Humair, Joachim Kuhn, Jean-François Jenny Clark. 16bits 44.1khz.

Daniel Humair l'opéra de Quat'sous

Quand trois géants du jazz se rencontrent, cela donne des œuvres intemporelles comme l’opéra de Quat’Sous. Du jazz sans limite, avec une maîtrise et une décontraction divines.

L’enregistrement est typique des studios La Buissone avec une mise en lumière chaleureuse et toujours aussi bien produite. Oui, en France on sait très bien enregistrer.

Le CXN est taillé pour ce type de production lumineuse en trio. La mélodie déborde et les envolées de Daniel Humair et sa caisse claire rapide comme l’éclair font mouche sur ce Streamer.

Le message musical reste lisible, sans stress sur le très éprouvant « Chorale de Peachum ». Ça déferle dans tous les sens et les boomers crient au supplice sur les roulements de batterie, véritable succession de vagues déferlantes mettant à mal les enceintes.

Le CXN s’en sort avec les honneurs sans effet brouillon, gardant la sécheresse nécessaire et le prolongement harmonique qui s’ensuit sans stress nuisible pouvant apporter fatigue auditive.

Ce Streamer confirme sa signature sonore mais avec un côté plus coulé, plus liquide que les anciennes productions auxquelles l’anglais nous avait habitués.

Nous sommes très proches du rendu de l’ancien Stream Magic 6 mais plus communicatif encore, serein, enjoué et moins informatique.

Philip Glass, concerto pour violons, Company 1 chez Naxos 1999. 16 bits 44.1khz.

philips glass violin concerto

Cet enregistrement de qualité correcte manquant un peu de distinction dans les timbres permet de démontrer l’analyse dont est capable un DAC Hifi. Le principe de structure d’accords faussement répétitifs du compositeur contemporain est un véritable piège pour les convertisseurs.

Sur des DAC mal définis, on aura l’impression d’avoir une suite d’accords identiques alors que ceux-ci en réalité évoluent lentement et se superposent en mode modale ou tonale.

Cambridge maîtrise son sujet sur les DAC et apporte sur le CXN toute l’expérience acquise sur le DAC Magic Plus.

Le montage en double Wolfson 8740 montre ici une belle évolution tout au long de l’oeuvre plus complexe qu’il n’y paraît sans trop masquer les diverses mélodies répétitives se juxtaposant.

A 1100 Euros, le CXN s’en sort correctement sans démontrer de faiblesse appuyée. L’oeuvre est respectée dans son essence même et permet une lecture appréciable et non éprouvante.

Les cordes montrant un legato correct particulièrement indispensable sur ce type de musique répétitive minimaliste sans faillir.

Le CXN est plus sur le suivi que l’information mais possède quand même la dose suffisante de résolution pour rendre justice à cet exercice de style musical atypique et rêveur.

Buena Social Vista Club "Chan Chan" 16bits 44.1khz.

buena vista social club

Chef d’oeuvre absolu par un orchestre d’une maîtrise, d’un équilibre, d’une beauté nonchalante dépassant l’entendement. A posséder absolument.

Ce n’est pas un enregistrement de musique cubain. C’est Cuba chez vous en importation directe.

Sur l’énorme morceau « Chan Chan » aux milles et une subtilité, véritable torture de système Hifi bouché sans définition, le CXN démontre qu’il est un DAC 24 bits de qualité, relativement récent même si la génération 32 bits semble pousser le bouchon plus loin.

Cambridge démontre sa maîtrise du sujet sur une technologie qu’il connaît par cœur.

Le CXN joueur par nature apprécie ce type musical. Le résultat est particulièrement éloquent, suave et sent bon les Habanos. Le rythme envoûtant est là et distille ce charme indémodable.

La contrebasse ponctuée des guitares reste cohérente dans un suivi sans faille sans être désordonné ou artificiel. Les placages démonstratifs sont présents sans trop projeter et participent au charme fou des chanteurs qui ne se mélangent pas.

On distingue agréablement les différences tonales entres les voix sans effet appuyé.

On aimerait peut-être un poil plus de profondeur et détourage mais l’essentiel est présent et de toute beauté, surligné par ce côté enjoué et terriblement musical.

Ce « Digital Audio Player » joue plus sur l’affect que l’intellect et sur des musiques latines, cela fonctionne à merveille.

Conclusions

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Le Streamer Cambridge CXN ne peut renier ses origines. Tout l’ADN de la marque est présent avec ce sens mélodique inné et ce timbre reconnaissable qui fonctionne particulièrement sur le jazz et le blues. Mais la grande nouveauté par rapport au DAC Magic Plus et à l’ancien Stream Magic est une petite évolution avec plus de souplesse à l’écoute bénéficiant aux musiques classiques.

Le CXN est donc une évolution et un affinement du Stream Magic dont il garde l’avancée technique mais avec quelques petits ajustements informatiques fortement bénéfiques sur le plan musical.

On aimerait plus de promptitude sur la lecture DSD en USB mais le format étant de plus en plus élitiste, l’intérêt devient de plus en plus minime devant la pauvreté de catalogue de ce format pourtant ô combien prometteur.

A 1100 Euros, le CXN a de quoi inquiéter fortement la concurrence qui proposera des appareils avec peut-être plus de résolution ou d’options. Mais l’équilibre parfait qu’offre ce Streamer entre qualités musicales cohérentes, facilité d’utilisation et connectiques lui permet de garder son rang de pionnier particulièrement attractif dans sa zone de prix.

Un appareil qui trouvera parfaitement sa place avec l’amplificateur CX A80 de la marque ou tout autre appareil dynamique et joueur. Un Creek Evolution ou un Myriad Z240 seront des compagnons de qualité pour ce Cambridge bien placé en prix. Un YBA Heritage A100 pourrait être une option à condition de bien choisir un câble de modulation en conséquence.

http://www.cambridgeaudio.com/fr/products/cx/cxn

Cambridge CXN le Streamer anglais. Richard

Cambridge CXN 1100 Euros en moyenne

Qualité de fabrication perçue
Définition
Dynamique
Cohérence/ beauté des timbres
Précision
Facilité d'utilisation

Conclusion: Un appareil cohérent qui comblera le mélomane cherchant une solution informatisé, simple d'emploi et musical par une grande maison de la haute fidélité.

3.6


Pour :

  • Musical, chantant et dynamique en toute circonstance.
  • Installation facile pour le néophyte en informatique Hifi.
  • La fonction volume numérique.
  • Les sorties XLR présentes efficaces.
  • L’afficheur couleur.
  • La façade épurée et plus affinée sur cette série CX.
  • La facilité d’utilisation sans fil en Bluetooth.
  • La fonction DAC avec entrées USB, coaxiales et Toslink.
  • Les menus logiques, instinctifs avec la molette de sélection.
  • La télécommande logique et simple.

Contre :

  • Un peu plus d’air entre les instruments et on aurait frisé la perfection.
  • La clé Bluetooth toujours en option.
  • La subtilité pour installer les drivers USB 2.0 wasapi/asio.
  • Une sélection radio plus intuitive.
  • La gestion de la lecture gapless uniquement en playlist ?


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